Une pilote qui fait tourner les têtes

Une pilote qui fait tourner les têtes

Megan Brodeur est la reine incontestée du snocross chez les professionnelles.

Crédit photo : Photo gracieuseté – Joëlle Leiffet – Leiffet Photos

COATICOOK. La saison 2017-2018 de snocross a été dominée par la pilote Megan Brodeur. En plus de remporter le championnat professionnel nord-américain AMSOIL chez les femmes, la jeune athlète de Coaticook attire de plus en plus les regards sur elle ainsi que sur un sport souvent associé aux hommes. Portrait d’une pilote qui commence à faire tourner de plus en plus les têtes.

Dès l’âge de huit ans, Megan a conduit sa première motoneige. «C’était un p’tit modèle, pas trop puissant, se souvient-elle. Je ne faisais que me promener autour de la maison.»

La piqûre pour ce sport est bien évidemment venue de son père, qui lui a transmis sa passion pour les sports motorisés. Sa première course, elle, est venue alors qu’elle n’avait que 9 ans. «J’ai participé aux courses de drags avec un gros ski-doo, sur le terrain de Junior Boutin, dans le rang 9. L’année suivante, je conduisais un Rev 550 [une motoneige de marque Ski-Doo] et je suis arrivée chez les juniors au Québec. À 14 ans, j’ai fait le circuit national et ça fait maintenant quatre ans que j’y participe.»

Championne en titre de ce circuit, de nombreux projecteurs se sont braqués sur elle depuis ses récents succès. On parle même du «phénomène Megan Brodeur» dans le milieu. Au cours des dernières semaines, la pilote a accordé de nombreuses entrevues tant à la télé que dans des publications spécialisées. Pourquoi s’intéresse-t-on tant à elle? «Je pense qu’il y a une certaine forme de fascination autour du fait que je sois une fille dans ce sport souvent associé aux hommes, reconnaît-elle. Je profite de cette attention afin de devenir une ambassadrice de ce sport en développement, mais qui gagne de plus en plus en popularité. C’est un rôle que je prends au sérieux», affirme-t-elle.

«J’aimerais montrer l’exemple pour les autres filles, poursuit Megan. Ç’a en prend de la relève. Si tu te montres ne serait-ce qu’un brin intéressée par ce sport, je te dirais de foncer, car c’est l’un des plus beaux sports qui soit. J’aime le goût du risque, ça joue du coude, c’est intense. Il ne faut pas avoir peur non plus du danger.»

Conciliation études et sports

Étudiante en sciences humaines, profil psychologie, au Cégep de Sherbrooke, Megan Brodeur bénéficie d’un programme sports-études afin de concilier ces deux sphères d’activités. Cette conciliation s’avère peut-être plus difficile qu’elle ne l’aurait pensé au départ. «Je peux avoir certaines exemptions de cours et d’examens pour participer à des événements ou à des entraînements, reconnaît-elle. J’amène mes devoirs ou des choses à étudier, mais c’est tellement difficile à faire lorsque tu es sur le site des compétitions. Franchement, tu ne penses qu’à ça. Et lorsque vient le temps de remettre les deux pieds sur terre, la transition et le retour à la réalité s’annoncent encore plus difficiles.»

N’empêche, l’éducation est quelque chose de très important pour la jeune femme.

Un avenir… dans la construction

Lors de sa dernière année de compétitions, Megan Brodeur a eu plus qu’un coup de pouce de son père, Patrick, qui a délaissé les courses pour encourager sa fille. «Il a été mon mécano toute la saison, spécifie-t-elle. Il s’est concentré sur moi à temps plein. Ça m’a permis d’être plus concentrée et d’être moins stressée. Il m’a beaucoup aidée.»

Cette «nouvelle» collaboration pourrait se poursuivre au fil du temps, car Megan ne cache pas son envie de travailler un jour pour la compagnie de construction de son paternel. Et oui, une autre sphère d’activité où les hommes sont en plus grand nombre. «J’aime quand ça bouge et j’aime faire ma marque», martèle-t-elle.

Pour le moment, elle désire poursuivre sa carrière en motocross ainsi qu’en snocross pour encore quelques années.  «Gagner le championnat, c’est débile, c’est fou. C’est aussi la plus haute marche que je peux atteindre. Là, j’ai le goût encore de revivre ce moment, de défendre mon titre et même pour plus qu’une année. Je pense bien courser jusqu’à ce que je n’aie plus de plaisir à le faire», conclut-elle.

 

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