Le fédéral mène une enquête après qu’un équipage du CN a été pris dans un incendie

MONTRÉAL — Les autorités fédérales indiquent qu’elles enquêtent pour déterminer si la Compagnie des chemins de fer du Canada (CN) a enfreint la loi après qu’un équipage a dû être évacué d’un train entouré de flammes dans le nord-ouest de l’Ontario.

Hicham Ayoun, porte-parole de Transports Canada, a spécifié que le gouvernement «mène une enquête de suivi» afin de déterminer si le CN a manqué à ses obligations en vertu de la Loi sur la sécurité ferroviaire.

Le ministère a précisé vendredi qu’il continue de collaborer avec Emploi et Développement social Canada afin de déterminer s’il y a également eu des infractions en matière de santé et de sécurité, et qu’il n’hésitera pas à imposer des restrictions d’exploitation si nécessaire.

Le Bureau de la sécurité des transports a dit «recueillir également des renseignements». «Il est trop tôt pour dire quelle sera la prochaine étape», a ajouté Liam MacDonald, porte-parole de l’organisme de surveillance, dans un courriel.

Une vidéo de l’incident, largement diffusée sur les réseaux sociaux, montrait des flammes rouge orange se rapprochant du train près d’Armstrong, en Ontario, en début de semaine, tandis que des arbres brûlaient de part et d’autre de la voie ferrée.

«Il faut que vous vous dépêchiez ici. Sérieusement, on est encerclés par les flammes maintenant», entend-on un employé dire aux opérateurs radio.

Le syndicat critique

Le syndicat, qui représente plus de 10 000 cheminots, a précisé que l’équipage avait dû être soigné pour inhalation de fumée et a appelé le CN à cesser toute circulation dans les zones touchées par des feux de forêt actifs.

«Mais soyons clairs: cet incident n’aurait jamais dû se produire. Le CN n’aurait jamais dû envoyer un train sur ces voies», a affirmé Paul Boucher, président de la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada, dans un communiqué de presse.

«Ce feu fait rage depuis cinq semaines.»

Tout comme M. Boucher, le CN a salué le courage et le professionnalisme de l’équipage.

La compagnie ferroviaire a indiqué qu’elle enquêtait sur les circonstances de l’incident, précisant que l’équipage avait été évacué en toute sécurité de la zone — située à plus de 200 kilomètres au nord de Thunder Bay — lundi.

Deux autres équipages ont également été évacués de trains immobilisés sur les voies par les incendies, a précisé le CN.

L’entreprise, dont le siège est à Montréal, a suspendu lundi ses opérations ferroviaires dans une partie du nord-ouest de l’Ontario, interrompant ainsi tout trafic de fret sur un tronçon de la ligne principale essentiel aux transports transcanadiens.

Le CN a indiqué qu’il réacheminait autant de trafic que possible vers son réseau passant au sud des Grands Lacs, à travers le nord du Midwest américain, de Duluth (Minnesota) vers les villes ontariennes de Sarnia et Windsor.

«À ce moment, aucune date n’a été fixée pour la réouverture de la ligne touchée en Ontario», a indiqué vendredi la porte-parole Michelle Hannan dans une déclaration écrite.

«La sécurité est notre valeur fondamentale, et nous ne compromettrons jamais le bien-être de nos employés», a-t-elle soutenu.

Deux des trois trains évacués ont depuis été mis en lieu sûr, a précisé le CN. Mais des panaches de fumée ont empêché l’accès au troisième, qui doit être inspecté, ainsi que l’infrastructure ferroviaire environnante, avant de pouvoir être déplacé, a indiqué la compagnie.

Le CP continue

Canadian Pacific Kansas City a indiqué que ses opérations n’étaient pas directement affectées par les feux de forêt en Ontario ou dans l’Ouest canadien, les trains circulant «normalement pour l’instant» dans ces régions.

Environ 190 feux de forêt continuent de faire rage dans le nord de l’Ontario, entraînant à ce jour l’évacuation de 10 communautés et ayant déjà ravagé une superficie supérieure à celle brûlée au total pendant toute la saison des feux de l’année dernière, rappelle vendredi le premier ministre Doug Ford.

Certains dirigeants des Premières Nations ont critiqué la réaction et la communication du gouvernement, en particulier dans le cas de la Première Nation de Whitesand et de la Première Nation de Namaygoosisagagun — également connue sous le nom de Première Nation de Collins —, qui a été évacuée sans l’aide de la province.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:CNR)

– Avec des informations de Kathryn Mannie à Toronto