L’ambassade de Chine au Canada dénonce la visite du député Chong à Taïwan
OTTAWA — L’ambassade de Chine au Canada estime que la visite d’un député canadien à Taïwan franchit une «ligne rouge» dans les relations entre Ottawa et Pékin.
Le député conservateur Michael Chong est à Taïwan cette semaine pour rencontrer des responsables taïwanais et réaffirmer la souveraineté canadienne, après que l’ambassadeur de Chine à Ottawa a mis en garde les députés contre tout voyage à Taïwan lors d’une entrevue accordée au Globe and Mail en avril.
Bien que Taïwan se considère comme un pays indépendant, la position officielle du Canada ne conteste ni ne soutient la revendication de la Chine sur l’île — mais continue de traiter Taïwan dans le cadre de la politique de longue date du gouvernement sur la «Chine unique».
Un porte-parole de l’ambassade de Chine au Canada a déclaré lundi à La Presse Canadienne dans un courriel que «la visite d’un certain député canadien dans la région de Taïwan» et ses rencontres avec des responsables taïwanais envoyaient un «mauvais message de soutien à «l’indépendance de Taïwan».
«La Chine s’y oppose fermement», indique la déclaration.
Une telle visite viole le principe d’une seule Chine, a poursuivi le porte-parole, qui constitue une «ligne rouge inviolable pour les relations entre le Canada et la Chine».
L’ambassade a exhorté le Canada à respecter la politique d’une seule Chine et à «s’abstenir d’interférer dans les affaires intérieures de la Chine».
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, M. Chong affirme que le Canada ne se laisse pas dicter par des gouvernements étrangers les destinations où les députés peuvent se rendre, ajoutant que Taïwan est «une démocratie en première ligne face aux menaces émanant d’États autoritaires».
Il a déclaré que le but de son voyage était de manifester sa solidarité envers Taïwan et «d’affirmer la souveraineté du Canada face à l’avertissement» de l’ambassadeur chinois.
La visite du député conservateur fait suite à celle du premier ministre Mark Carney en Chine en janvier, visant à renforcer les liens commerciaux et culturels entre les deux pays. M. Carney est revenu avec un accord prévoyant une réduction des droits de douane chinois sur certaines exportations agricoles canadiennes en échange de l’autorisation d’importer des véhicules électriques fabriqués en Chine, entre autres ajustements.
Le cabinet du premier ministre a qualifié cette mission de «tournant» dans les relations entre le Canada et la Chine.
Dans l’entrevue accordée au Globe and Mail, l’envoyé de Pékin, Wang Di, s’est dit optimiste quant au réchauffement des relations entre le Canada et la Chine, auparavant glaciales, mais il a ajouté que les visites officielles de parlementaires canadiens à Taïwan risquaient de faire reculer les progrès.
Lundi, M. Chong a publié des comptes rendus de ses conversations avec deux responsables taïwanais. Les sujets abordés allaient du commerce et des investissements bilatéraux à la sécurité dans la région indo-pacifique, en passant par la participation de Taïwan aux organisations internationales.
Un communiqué du Parti conservateur indique que M. Chong restera à Taïwan jusqu’à jeudi.
