Secteur manufacturier : un diagnostic qui orientera les actions

Par Christian Caron
Secteur manufacturier : un diagnostic qui orientera les actions
Les dirigeants de la SADC ont pris quelques minutes pour échanger avec les représentants de la firme MARCON-DDN.

Afin de contrer les pertes d’emplois dans la région depuis quelques années et de se positionner favorablement dans ce nouveau contexte de mondialisation, les intervenants économiques de la MRC de Coaticook, avec en tête la SADC (Société d’aide au développement de la collectivité), ont cru pertinent de procéder à l’élaboration d’un diagnostic, lequel servira de guide dans une éventuelle stratégie de développement de ce secteur d’activité.

Une trentaine d’industriels et de gens concernés par le milieu manufacturier ont d’ailleurs répondu à l’appel, mardi, alors que les représentants de la firme MARCON-DDN étaient à Coaticook pour dévoiler les grandes lignes de ce diagnostic. Frédéric Moreau et Pierre Boucher se sont attardés à expliquer les constats effectués, les besoins des entreprises, les enjeux qui se dessinent à l’horizon et le plan d’action pour les trois prochaines années.

D’entrée de jeu, Pierre Boucher a tenu à rappeler que l’exercice consistait notamment à dresser les forces et faiblesses du secteur manufacturier, de définir les tendances lourdes qui affectent les marchés actuels et leur impact sur les entreprises et les emplois du territoire.

Il est bon de signaler que les deux analystes de MARCON-DDN ont préalablement rencontré une trentaine d’entreprises afin de mieux connaître leurs défis et aspirations et saisir de façon plus précise les diverses problématiques.

Constats

Les constats? Personne dans la salle n’a vraiment été surpris. «La compétition s’intensifie (la Chine, l’Inde, l’Europe de l’Est, etc.)», d’émettre Frédéric Moreau. Et l’on note une pénurie de main-d’œuvre en raison du fait que les babyboomers commencent à lorgner vers la retraite. L’exode des jeunes continue aussi d’affecter la région.»

Ce dernier a aussi signalé la dépendance que nous avons envers quelques grands employeurs et le fait que nos travailleurs sont moins scolarisés que l’ensemble du Québec. Le vieillissement de la population et le réseau routier plus ou moins performant sont d’autres constats qui incitent à la réflexion.

Ce qui était jadis notre planche de salut s’avère désormais un obstacle : il s’agit de la force du dollar canadien qui fait en sorte que nos biens et services sont plus coûteux. «Inévitablement, fait remarquer Frédéric Moreau, cela contribue à fragiliser ceux qui misaient massivement sur l’exportation vers les Etats-Unis.»

Heureusement, certaines entreprises innovent et lancent de nouveaux produits, c’est une minorité, mais la situation s’annonce intéressante pour quelques-uns.

Le constat le plus rafraîchissant : le secteur agroalimentaire semble bénéficier du principe d’une grappe industrielle émergente.

Les besoins

En établissant la lice des constats, il fut par la suite plus facile pour MARCON-DDN de cibler les besoins des entrepreneurs manufacturiers.

D’abord, il va de soi que les entreprises souhaiteraient bénéficier d’un meilleur accès à une main-d’œuvre qualifiée, que les travailleurs puissent miser sur une formation adaptée aux procédés de l’entreprise.

Des entrepreneurs déplorent aussi le fait de ne pas avoir suffisamment d’argent pour réaliser des études de marché ou pour procéder à l’achat d’équipements à la fine pointe de la technologie.

Les enjeux

D’importants enjeux et défis se dressent pour le secteur industriel. Le premier en est un que l’on parle de plus en plus : diversifier la structure manufacturière qui est concentrée dans des secteurs économiques jugés fragiles. Pensons au bois et au caoutchouc par exemple. Qu’il suffise de mentionner que sur les 60 entreprises manufacturières de la MRC de Coaticook, quatre d’entre elles totalisent près de 45 % des 3 900 emplois du territoire, ce qui traduit une certaine fragilité de notre structure manufacturière.

On souhaite créer une meilleure synergie entre les entreprises et les universités et centres de recherche. Cette synergie existe avec le CRIFA, mais elle pourrait se renforcer avec l’Université de Sherbrooke, par exemple, ou d’autres institutions universitaires au Québec et au Canada.

En raison de la concurrence mondiale, il devient impératif pour nos entreprises de trouver des niches en offrant des produits à valeur ajoutée.

Toujours dans le but de répondre à la concurrence des pays de l’Asie, il est de mise de tout mettre en œuvre afin de diminuer la réduction des délais de livraison.

Dans le cas des entreprises du secteur agroalimentaire, ceux-ci sont invités à s’approvisionner en produits BIO en tout temps.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires