Rosa Aguirre, une Coaticookoise à part entière

Par Christian Caron
Rosa Aguirre, une Coaticookoise à part entière
Rosa Aguirre réalise un rêve en ouvrant une petite boutique de bijoux au centre-ville.

Citoyenne de Coaticook depuis 13 ans, Rosa Aguirre file le parfait bonheur parmi nous. La Salvadorienne d’origine, qui est marié avec un homme de la région, n’a aucunement envie de retourner dans son pays et se dit pleinement heureuse d’élever sa petite famille (3 enfants) dans un milieu sain et sécuritaire comme Coaticook.

Alors que le Québec est actuellement plongé tête première dans le dossier des accommodements raisonnables, Rosa Aguirre avoue, pour sa part, se sentir très à l’aise au Québec. Il faut dire que dans son cas, elle n’a jamais espéré obtenir de facilités de notre part. Elle s’est plutôt appliquée à tout apprendre sur notre culture.

Son histoire est belle à raconter. Il y a une quinzaine d’années, elle est venue au Québec pour un séjour de quelques semaines. Elle a alors eu un premier contact avec les Québécois. Au cours de ce séjour, la jeune femme a notamment croisé celui qui allait éventuellement devenir son mari. Son nom : Christian McDuff.

Ils ont gardé le contact. Quelques mois plus tard, celui-ci prenait la route du Salvador pour demander la main de Rosa. Puis, le couple a par la suite pris la décision de s’amener au Québec. «Quand je suis arrivée ici, je ne parlais qu’en espagnol et en anglais. Pas un mot de français. Mais je me suis mis au français durant six mois, tous les jours, de 13 h à 17 h. J’y ai mis tous les efforts, il me fallait briser la barrière de la langue», mentionne celle qui parle aisément le français, sans vraiment chercher ses mots. Et son petit accent ne fait que lui donner du charme…

Et pour s’intégrer à Coaticook, elle s’est lancé corps et âme dans le bénévolat. D’abord à la Maison familiale pour les activités de loisirs auprès des aînés. «Ça m’a permis d’apprendre un tas de chansons», dit-elle en s’esclaffant de rire.

Dans l’esprit de Rosa, il ne revient pas aux gens de la communauté d’aller vers elle. «C’est à moi d’aller vers eux, c’est à moi de s’intégrer à eux, de signifier celle-ci. En allant vers eux de bonne foi, les gens deviennent automatiquement très accueillants à mon égard. Maintenant, je suis très à l’aise ici. Je ne ressens même plus le besoin d’aller à Sherbrooke pour rencontrer des gens de la communauté hispanique. Et quand je vais voir ma famille dans mon pays, il n’est jamais question que je reste là trop longtemps. Au contraire, j’ai toujours hâte de revenir chez nous au Québec et de revoir mon monde à Coaticook.»

Rosa est heureuse avec ses enfants, Marie-Andrea (11 ans), Stéphanie (9 ans) et Sébastien (7 ans). «C’est vraiment agréable d’élever une famille ici. C’est petit et sécuritaire et nous avons toutes les facilités voulues», d’émettre celle qui était enseignante dans son pays avant de s’amener au Québec.

Elle a d’ailleurs eu l’opportunité de se retremper dans cette ambiance, il y a quelques temps, alors qu’elle a donné des cours d’espagnol au CRIFA. «Mais je préfère la création artistique», s’empresse de signaler Rosa que vous avez peut-être eu l’occasion de croiser à un kiosque lors d’une exposition artisanale quelconque, que ce soit à Coaticook (Salon des artisans) ou à East Hereford (Féerie de Noël).

Elle aime le contact avec les gens lors de ces expositions. «C’est très revalorisant de jaser avec les gens. C’est bon de se faire dire des compliments, mais aussi d’avoir leurs critiques. Par exemple, c’est en discutant avec eux que j’ai vu à ce que mes bijoux soient plus souples, moins rigides.»

Un atelier

Incidemment, Rosa vient tout juste d’ouvrir un petit atelier au centre-ville. Elle qui fabrique des bijoux depuis sept ans se sentait prête à ouvrir sa petite boutique et se lancer en affaires. Les Créations Rosy ont désormais pignon sur rue (sur la rue Child) à Coaticook. Vente et réparation. «Je ne me contenterai pas d’attendre les clients à la boutique, je vais conceptualiser mes bijoux sur place. Toute une variété de bijoux avec du fil varié, en argent, doublé d’or et peut-être en or éventuellement.» Elle a bonifié sa technique au fil de toutes ces années. Elle a d’ailleurs eu la chance de faire connaître une partie de sa collection, cet été, au kiosque du Parc de la Gorge.

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