Paul Salois se métamorphose en professeur

Par Christian Caron

Âgé de 44 ans, Paul Salois en avait assez de se taper des semaines de 50 heures par semaine sur les chantiers de construction des Etats-Unis et de se tenir éloigner de ses enfants durant la semaine. L’homme originaire de Coaticook désirait revenir près des siens en permanence, faire quelque chose de différent et moins exigeant physiquement. Il a trouvé en plein ce qui lui fallait : se recycler en professeur d’école. Rien de moins.

Ceux qui connaissent Paul Salois seront sûrement quelque peu surpris d’apprendre ce virage plutôt radical. Passer d’un chantier de construction à une classe d’école a de quoi surprendre. Mais la transition s’est faite tout en douceur. Pour la simple et bonne raison que Paul enseigne ce qu’il connaît le plus au monde : la pose de système intérieur (cours PSI). «C’est en décembre que j’ai appris qu’il y avait un poste d’ouvert au CRIFA de Coaticook. Comme c’est un domaine que je connais très bien, je n’ai pas hésité à acheminer ma candidature. Quelques semaines plus tard, j’étais reçu en entrevue. Des représentants de la Commission scolaire et du CRIFA m’ont bombardé de questions pendant plus d’une heure. Ils ont vite réalisé que je connaissais la matière, mais ils semblaient se questionner sur mes capacités pédagogiques. Quoiqu’il en soit, j’ai bien performé à cette entrevue. Si bien qu’au terme de cette rencontre, j’étais confiant d’avoir le poste», raconte Paul Salois qui a travaillé dans les états américains du Vermont, New Hampshire, Connecticut, Massachussetts et New Jersey durant 22 ans.

Paul a gagné son pari. On lui a confié le poste. Ne lui restait plus qu’à «casser la glace…» «C’est sûr qu’en arrivant devant un groupe d’étudiants, c’est bien différent que de se retrouver sur un chantier de construction, reconnaît le principal intéressé. Disons que j’étais passablement nerveux, j’ai eu de fortes poussées d’anxiété et j’ai dormi un peu moins bien durant quelques nuits. Mais de jour en jour, j’ai pris de l’assurance. Je pense que je suis parvenu à faire la démonstration aux élèves que je connaissais mon affaire et que j’étais en mesure de leur montrer les bonnes méthodes. Un climat de confiance s’est établi entre nous.»

C’est le 5 janvier dernier que Paul s’est présenté devant le groupe de 17 élèves la toute première fois. Aujourd’hui, deux mois plus tard, il estime que tout se déroule bien. «En général, l’ambiance est très bonne dans l’atelier. Les étudiants sont attentifs et sont désireux de réussir. Les notes sont à la hausse, c’est vraiment stimulant», d’émettre Salois qui songe maintenant à s’approprier un BACC en pédagogie à l’Université de Sherbrooke dans les années à venir, question de bénéficier de meilleures conditions de travail.

Le professeur Salois est rayonnant et voit l’avenir avec optimisme. «Quand tu as plus de 40 ans, tu te remets en question et tu veux parfois changer le cours de ta vie. C’était mon cas, je devais quitter ma zone de confort et faire autre chose. J’adore ce que je fais, je suis un homme comblé», insiste celui qui peut maintenant jouir d’une vie familiale plus équilibrée, étant chez lui à chaque soir.

Bons commentaires

Les étudiants apprécient grandement l’expérience de leur enseignant. «On voit bien que Paul a de l’expérience, il nous refile les bons conseils», mentionne Anthony Grenier, un des élèves.

«Ce que j’apprécie de Paul, c’est qu’il s’en tient à ce qui se passe vraiment sur un chantier de construction», indique pour sa part, Shawn Couture. «Il est issu du monde de la construction et ça paraît, il sait de quoi il parle», ajoute Stéphane Auclaire.

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