Le gaz de schiste sème l’inquiétude à Saint-Herménégilde

Par Dany Jacques

L’exploration de gaz de schiste à Saint-Herménégilde pendant la période estivale sème l’inquiétude dans la MRC de Coaticook.

La mairesse de cette municipalité, Lucie Tremblay, a appris la présence de la compagnie Junex dans les pages de La Tribune, tout comme le préfet de la MRC, Réjean Masson.

 

Mme Tremblay se dit étonnée et inquiète face à beaucoup d’interrogations autour de ce petit enclos clôturé situé sur le chemin de la Grande Ligne, presque sur les limites séparant Saint-Herménégilde et Sainte-Edwidge-de-Clifton. «Il n’y a pas de maison à proximité, mais quelles seront les conséquences sur l’eau et la nappe phréatique de ce puits de 700 mètres», se questionne-t-elle en pensant aux reportages alarmants récemment diffusés.

 

Le préfet Réjean Masson connaissait l’emplacement des droits d’exploration, mais ne savait pas que les tests avaient débuté. «On avait même défini une zone de protection autour du village de Martinville, mais la compagnie peut faire du carottage sur presque tout le territoire de Martinville. Elle possède aussi des droits à Saint-Herménégilde, Saint-Edwidge-de-Clifton et un peu à Saint-Malo», informe-t-il.

 

M. Masson en a discuté à la réunion de la Commission des ressources naturelles de l’Estrie, mardi dernier, à titre de président. Le sujet était aussi inscrit à l’ordre du jour du récent «lac-à-l’épaule» de la MRC. Mercredi dernier, le conseil des maires a endossé la proposition de la Fédération québécoise des municipalités demandant un resserrement de la situation. Le sujet devrait également revenir sur la table aux audiences publiques de la Commission des ressources naturelles, le 2 novembre prochain. Le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) étudiera également la question sur la scène provinciale. «Je ne crois qu’il existe un fort potentiel pour ce gaz de schiste dans la région, mais l’inconnu fait peur aux gens. On manque d’information pour se positionner, mais il ne faut pas attendre qu’il soit trop tard pour se prendre en main», prévient-il.

 

La députée de Compton-Stanstead, France Bonsant, réclame auprès des conservateurs un rapport définissant les avantages et les inconvénients de ce type d’hydrocarbures, qu’ils refuseraient de rendre public. «Il faut être vigilant, car le gaz de schiste est plus polluant que le charbon. De plus, ces compagnies utilisent des produits chimiques, qui risquent de contaminer la nappe phréatique», déplore-t-elle en s’indignant que ce sujet devienne un fardeau municipal un jour.

 

Les Amis de la terre de l’Estrie font partie du Mouvement provincial Vigilance Énergie, tout comme Greenpeace et Nature Québec. Son président André Nault réclame une grande prudence, surtout en pensant aux 1000 dérogations à l’environnement dans l’État de la Pennsylvanie, en ce qui concerne le gaz de schiste. «Si on a une région agricole qui nous nourrit, je ne pense pas qu’il y a de la place pour une industrie qui pollue», prévient M. Nault.

 

Le président de l’UPA de Coaticook, Jacques Masson, ne s’inquiète pas outre mesure, mais demeure prudent. «Ces compagnies sont peut-être mieux outillées qu’avant pour éviter des dommages à l’environnement. Toutefois, si la population bénéficie d’une nouvelle richesse, c’est tant mieux, mais je m’opposerais si c’est seulement la compagnie qui en profite», signale-t-il.

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