Le blé, une céréale qui reprend ses lettres de noblesse

Par Vincent Cliche
Le blé, une céréale qui reprend ses lettres de noblesse
Olivier et Nicolas Jaquet

Autrefois taillé pour n’en faire qu’un lit pour les animaux, le blé reprend tranquillement ses lettres de noblesse dans les champs de la région. Cette céréale devient plus prisée maintenant que certains producteurs la recherchent pour créer des produits entièrement locaux.

Dans cet esprit, la ferme Jaquet de Martinville a ouvert ses portes le 27 juillet dernier, afin de mettre en lumière son partenariat avec la boulangerie St-Méthode. Plus de 200 personnes ont découvert cette céréale qui gagne de plus en plus en popularité. «On développe de plus en plus le blé pour les marchés de niche, explique l’agronome Nadia Gagnon. La progression est réellement exponentielle. En l’espace de cinq ans, nous sommes passés de 0 à 2500 tonnes de blé produits, et ce, seulement pour la région de Coaticook. Ils sont maintenant 35 producteurs à faire une place dans leurs champs pour faire pousser le blé.»

Parmi eux se trouve Olivier Jaquet. Il y a quelques années, jamais il n’aurait pensé cultiver autant de blé. «On se servait de la paille pour faire des lits pour nos animaux, c’est tout. Aujourd’hui, le blé est utilisé de plus en plus dans les produits d’ici. Sa valeur augmente. Voilà pourquoi on utilise 15 à 20 hectares de nos terres pour le faire pousser. Ça représente environ 5 % à 10 % de la superficie de notre ferme laitière.»

La journée du 27 juillet a également permis à l’agriculteur de faire un peu d’éducation. Selon lui, trop peu de jeunes enfants et d’adultes connaissent le trajet que peut prendre une céréale avant d’aboutir dans un pain, par exemple. «Ça peut paraître ridicule, mais il y a encore des gens qui croient que les produits proviennent du supermarché, rigole M. Jaquet. Avec le blé, on peut aussi faire autre chose que de la moulée pour les animaux. Avec des activités comme celle d’aujourd’hui, on veut renverser la vapeur. Mon but, c’est de faire réaliser aux gens tout le travail qui est fait pour en arriver avec des produits. Et, surtout, d’encourager des producteurs de la région.»

Arrivé de Suisse il y a 18 ans, Olivier Jaquet et sa famille ont élu domicile dans la Vallée de la Coaticook. C’est la passion du métier qui l’a mené jusqu’à Martinville. «Là-bas, j’étais locataire, dit-il avec un brin de nostalgie. Ici, ce sont mes terres. La région est tout aussi belle qu’en Europe. Ça lui ressemble, les montagnes en moins. Je suis toujours aussi passionné qu’au départ. Quand je prends une poignée de blé, je tripe. J’en ai des frissons.»

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