«Il y a encore beaucoup d’éducation à faire»

Par Vincent Cliche
«Il y a encore beaucoup d’éducation à faire»
La machinerie agricole est de plus en plus présente sur les routes.

L’accident entre deux tracteurs qui a eu lieu le 2 octobre dernier à Coaticook a engendré un débat enflammé sur les réseaux sociaux. Ces imposantes machines ont-elles toujours leur place sur nos routes, se sont questionnés plusieurs utilisateurs. Aux dires du président de l’UPA de Coaticook, Philip Stirnimann, la cohabitation devrait se faire naturellement, surtout dans une région agricole comme celle de la Vallée.

«Règle générale, il y a encore beaucoup d’éducation à faire dans ce dossier, croit ce producteur de Sainte-Edwidge-de-Clifton. Il en va de la sécurité de tous. On dirait parfois que les gens oublient que la région de Coaticook en est une agricole. Et ça, ça vient avec la présence de machinerie agricole sur nos routes.»

Le comportement des automobilistes envers les mastodontes du monde agricole est parfois déconcertant, mentionne M. Stirnimann. «Certains manquent carrément de respect. Ils nous dépassent dans des côtes ou dans des courbes, ce qui est très dangereux. Ces choses-là, ça n’arrivait pas il y a dix ou quinze ans. Peut-être est-ce notre train de vie qui va trop vite qui a tout changé?», s’interroge-t-il.

Quant à l’accident survenu sur la rue Merrill, le président de l’Union des producteurs agricoles de Coaticook devra s’asseoir avec les élus municipaux pour discuter de pistes de solutions. «Évidemment, on ne peut pas retirer nos camions et tracteurs des routes. Ce serait illogique. Mais, on pourrait voir si ce serait possible de créer de nouvelles routes, car, celles qu’on emprunte sont pas mal étroites. On essaie du mieux qu’on peut de conduire dans ces conditions, mais quand il y a des propriétaires qui nous demandent de ne pas empiéter sur leur terrasse, ça devient pas mal difficile», riposte-t-il.

Conseiller municipal coaticookois affecté aux dossiers agricoles, François Lévesque rejette l’idée de créer de nouvelles routes, citant des raisons budgétaires. Toutefois, le politicien dit vouloir s’attarder à la circulation de la machinerie agricole sur les routes urbaines. «Il va falloir s’assoir ensemble pour trouver des pistes de solutions au cours des prochaines semaines, dit-il. Interdire les tracteurs sur les routes, ce serait impensable. Il faut apprendre à partager la route.»

Un autre secteur à surveiller

L’accident survenu sur la rue Merrill a réveillé certaines craintes du côté des résidants de la rue Morgan. «Les jours où il n’y a pas d’école au CRIFA, on voit plus de tracteurs que de voitures passer dans notre secteur», constate Luc Larouche.

Ce dernier croit que certains véhicules devraient être accompagnés de signaleurs. «Plusieurs d’entre eux sont très larges et prennent plus que la moitié de la rue, décrie M. Larouche. C’est dangereux non seulement pour les autres voitures, mais aussi pour les piétons. Quand je marche et que je vois arriver une de ces machines, je me tasse tout de suite de la rue.»

Ce citoyen croit que la circulation de la machinerie agricole en zone urbaine devrait être mieux réglementée. «Il faudrait que nos élus regardent ça de plus près. Les agriculteurs sont des utilisateurs de la route. Ils ne devraient pas être traités comme des gens à part», dit Luc Larouche, sans méchanceté.

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