Des usines roulent au ralenti pendant que d’autres maintiennent la cadence

Par Christian Caron
Des usines roulent au ralenti pendant que d’autres maintiennent la cadence
Si certaines usines ont été dans l’obligation de procéder à des mises à pieds au cours des dernières semaines

Il n’y a pas que chez le Groupe Cabico que les affaires vont au ralenti en ce début d’année 2008. Tel qu’anticipé par les observateurs de la scène économique, les prochains mois sont susceptibles de donner des maux de tête aux dirigeants d’entreprises manufacturières et celles de la MRC de Coaticook ne font évidemment pas exception à la règle.

Le plus dur coup est survenu chez Cabico avec 80 mises à pied, dont une trentaine de façon permanente.

Aux Industries de la Rive Sud à Coaticook, le directeur général, Jean Bédard, doit multiplier les efforts pour maintenir l’entreprise à flot. Le fabricant de meubles a dû procéder à 25 mises à pied il y a quelques jours. L’entreprise de la rue de l’Union procède généralement à des mises à pied temporaires en début d’année, mais Jean Bédard a reconnu que celles-ci surviennent un mois plus tôt que par les années antécédentes. Et quant à savoir la date de retour de ces 25 employés, le grand manitou des Industries de la Rive Sud n’ose pas avancer une date quelconque. «Je ne peux pas me prononcer, il faut regarder le carnet de commande de semaine en semaine, mentionne le principal intéressé. C’est vraiment pas facile ces temps-ci. Le dollar canadien à la hausse, le pétrole à la hausse et la concurrence asiatique, tous les ingrédients sont réunis pour subir une grosse tempête.»

Et les employés de l’usine peuvent se compter chanceux malgré tout puisqu’une des usines des Industries de la Rive Sud, située à Laurierville, a fermé ses portes le 21 décembre 2007, entraînant la perte de 120 employés. «Présentement, reprend Bédard, on axe nos efforts sur des délais de livraison très courts et un contrôle serré des inventaires.»

Chez Cuisines Modernes, un fabricant d’armoires de cuisine, les affaires roulent à basse vitesse. Quelques employés ne sont pas entrés à l’usine en janvier. «C’est pas facile. Surtout que nous, nous acheminons notre marchandise à 85% aux États-Unis », d’émettre René Marcoux, copropriétaire de cette entreprise de Coaticook. «Nous voulons développer davantage le marché canadien, nous visons des secteurs comme Montréal et Ottawa. On vient de finaliser notre nouveau catalogue et nous misons beaucoup sur cet outil pour dénicher de nouveaux clients.

De l’avant

Si certaines usines se voient dans l’obligation de procéder à des mises à pied, d’autres sont en mesure de garder tout leur monde au travail et à rouler à un rythme normal. C’est le cas de Polycrylic du propriétaire Jean-François Gérin. Loin de se péter les bretelles, ce dernier avoue que les opérations vont bien. «Ça va assez bien malgré les conditions très difficiles aux États-Unis. Nous misons sur la rapidité des délais de livraison et on y va avec de plus petits volumes de marchandise. Nous tentons aussi de développer davantage le marché du Québec et nous explorons les possibilités d’entrer dans l’Ouest canadien», de confier celui qui revient tout juste de Las Vegas et qui se rendra à Toronto dans les prochains jours pour dénicher de nouveaux contacts et des clients potentiels.

Chez Codet, Jean-Pierre Audet affirme que tout se déroule généralement bien. «On n’a pas trop à se plaindre de ce temps-là», signale un des propriétaires de cette usine qui dénombre plus de 400 travailleurs dans ses usines de Coaticook, Magog, Richmond et des États-Unis. «Nous avons plusieurs créneaux et nous faisons un bon bout de chemin avec ça, affirme Audet. Mais tout demeure très fragile. Nous, contrairement à plusieurs autres entreprises manufacturières, nos compétiteurs viennent de l’Afrique, du Bangladesh et de l’Afghanistan.»

Diversification

Il va sans dire que le fonds de diversification, annoncé la semaine dernière, (plus d’un million de dollars) tombe à point pour les entreprises de la région. Comme l’explique la directrice du Centre local de développement (CLD), Marjorie Tyroler, chacune des municipalités concernées aura à présenter un plan d’action.

«Les industries pourront obtenir jusqu’à 100 000 $, mais ce montant d’argent doit nécessairement servir pour la concrétisation d’un plan de diversification ou pour ajouter une nouvelle gamme de produits», indique Marjorie Tyroler qui se réjouit de la mise en place d’un tel programme pour les municipalités de Coaticook, Waterville et Barnston-Ouest.

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