Une ex-secrétaire d’école de Coaticook dévoile quelques petits secrets de couloir

COATICOOK. Carmen Perron a été secrétaire dans les écoles de la région pendant plus de deux décennies. Invitée par la Société d’histoire de Coaticook à raconter son expérience de travail, elle a ouvert les tiroirs de sa mémoire avec la même minutie qu’elle mettait jadis à classer les dossiers et à prendre soin des élèves.

Mme Perron a débuté sa carrière dans le monde scolaire au milieu des années 1970. “J’avais auparavant travaillé dans des bureaux d’avocat et de comptables, a-t-elle précisé lors de sa conférence tenue le 11 septembre dernier, dans les locaux de l’organisme. Aujourd’hui, je peux dire en toute honnêteté que c’était plate à mort. Le contact avec ces professionnels était plutôt froid. Il ne se passait jamais rien. Je me suis ennuyée. À l’inverse, dans une école, il y a de la vie et des activités. Ça n’arrête jamais.”

Son parcours l’a d’abord menée dans les établissements primaires de Barnston et de Dixville, pour ensuite rejoindre Mgr Durand. La conférencière a relevé certaines différences entre ces deux milieux. “Quand je suis arrivée en ville, je voyais parfois des enfants pleurer. Ils me disaient que ça faisait une semaine qu’ils n’avaient pas vu leur mère ou bien leur père. Les séparations, il y en avait pas mal plus en ville qu’en campagne. C’était une réalité à laquelle j’ai été confrontée.”

Carmen Perron a aussi livré quelques anecdotes savoureuses et des moments de tendresse enfouis dans le quotidien d’une école.

“Un jour, un enfant s’était blessé et je lui ai dit: viens, je vais te mettre un diachylon. Il m’a répondu, en versant une larme, qu’il préférait avoir un “plaster””, rigole-t-elle.

Lors d’un atelier avec le CLSC, un intervenant était venu parler de violence. “Après la conférence, on a demandé aux élèves les sujets sur lesquels ils aimeraient discuter. Certains ont écrit le corps humain ou bien les drogues. Un autre, qui m’a bien fait rire, souhaitait qu’on aborde la chasse et la pêche.”

Mme Perron a toujours eu le bonheur des enfants à cœur. Son bureau comptait toujours un aquarium. “Il n’y avait pas un bobo ou un problème qui ne pouvait pas être réglé en regardant les poissons.”

Parfois, les petits élèves ne passaient pas non plus par quatre chemins pour faire valoir leur point. “Je me rappelle avoir eu beaucoup de plaisir à sauter à la corde. On m’a dit, coudonc, es-tu es retombée en enfance?”

La Société d’histoire de Coaticook proposera sa prochaine conférence le 30 octobre prochain. Pour l’occasion, l’organisme recevra l’historien Samuel Parent, qui parlera des massacres de la Louisiane.