L’UPA de l’Estrie rencontre les candidats fédéraux
ÉLECTIONS. Les représentants de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Estrie ont rencontré les candidats fédéraux des différents partis politiques, le 10 avril dernier. C’était l’occasion pour les producteurs de présenter les enjeux régionaux, mais aussi une opportunité pour les candidats de faire valoir leurs positions.
« L’objectif était vraiment d’informer les partis politiques sur les problématiques auxquelles les producteurs de la région sont confrontés », explique Michel Brien, président de l’UPA Estrie, se disant satisfait de la rencontre.
Main-d’œuvre étrangère
L’un des principaux enjeux soulevés par l’UPA concerne la limitation de l’accès aux travailleurs étrangers.
« Le problème ne se fait pas encore sentir directement sur les fermes, mais il ne tardera pas à apparaître », déplore M. Brien.
Selon lui, les entreprises de transformation perdront beaucoup de main-d’œuvre et les petits producteurs risquent d’être laissés pour compte.
« Si un abattoir consacre une journée par semaine aux petits éleveurs et que, maintenant, il ne peut plus répondre à la demande, il va simplement abandonner ce service », dénonce-t-il, ajoutant que cela pourrait entraîner la perte de grandes quantités de bétail.
Une des solutions proposées pour pallier le manque de main-d’œuvre serait de promouvoir les formations scolaires en agroalimentaire.
« Il n’y a pas assez d’élèves qui graduent pour répondre aux besoins de l’industrie. Cette année, au Québec, seulement quinze étudiants ont terminé un programme en transformation laitière. Imaginez le nombre d’usines à desservir avec ça », souligne M. Brien.
La paperasse administrative
La lourdeur administrative pour obtenir des subventions représente une perte de temps considérable, selon l’UPA.
« Si un producteur doit passer toute sa semaine à remplir des formulaires pour avoir un peu d’aide du gouvernement, ça devient vite décourageant », reconnaît M. Brien. Il estime que les producteurs disposeraient de plus de ressources si les programmes d’aide étaient plus accessibles.
Même en matière d’environnement, les démarches ne sont pas plus simples.
« Les agriculteurs font de réels efforts pour l’environnement, mais s’ils veulent obtenir du financement pour ça, ils doivent se ruer sur leur ordinateur pour remplir une tonne de documents », note-t-il.
