« L’abolition de la gestion de l’offre serait catastrophique »

ÉCONOMIE. La gestion de l’offre est un système d’une grande importance aux yeux du président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Coaticook, Philipp Stirnimann. « Son abolition serait catastrophique pour notre région », laisse-t-il entendre.

Pour les néophytes, la gestion de l’offre est un moyen pour les producteurs agricoles canadiens, plus précisément ceux des marchés laitiers, avicoles ou ovocoles, de contrôler, par l’intermédiaire des offices de commercialisation, l’offre ou la quantité de leurs produits. Pour avoir le droit de commercialiser sa production, l’agriculteur doit détenir un permis, qu’on appelle communément un « quota », sans lequel il ne pourra pas vendre ses produits à une usine de transformation.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président américain Donald Trump au début de l’année, certains producteurs de la région craignent que la gestion de l’offre ne devienne un enjeu de négociation. « Ça viendrait mettre en danger plusieurs entreprises agricoles. Lorsqu’on a négocié pour l’ACEUM [Accord Canada – États-Unis – Mexique], il y a eu un rapport publié par une grande coopérative qui notait que le tiers des fermes canadiennes fermeraient si la gestion de l’offre était abolie. C’est immense », se désole M. Stirnimann.

Une brèche pourrait inonder le marché de produits provenant du sud de la frontière. « S’ils s’en viennent faire du dumping ici, il n’y a plus rien qui fonctionnera. On ne peut pas compétitionner des fermes de la Californie, par exemple, qui compte plus de 20 000 vaches. Ils ont des normes différentes des normes. Ils ont droit aux hormones, alors que nous ne touchons pas à ça. On n’a pas non plus le même climat. Avec leurs règles, ils inonderont notre marché et ça ne prendra même pas de temps. »

Le système représente également l’autonomie alimentaire, pense le président de l’UPA -Coaticook. « On se donne ainsi les moyens pour produire équitablement. Et à des prix qui le sont tout autant pour les consommateurs. Avec toute la question sur les tarifs et les guerres commerciales, y -a-t-il vraiment des gens qui veulent qu’on dépende sur les États-Unis pour nous nourrir ? Je n’en connais pas. »

Petite lueur à l’horizon, l’ensemble des partis politiques fédéraux ont offert leur appui à la gestion de l’offre. « On est en campagne électorale. C’est le moment idéal afin de rappeler à nos élus et aux candidats l’importance du système pour notre économie. »

« L’avantage, c’est qu’un petit producteur en -Gaspésie ou encore en -Abitibi peut survivre autant qu’un grand joueur à proximité d’une usine de transformation. C’est ça qu’il faut préserver », conclut Philipp Stirnimann.