Richard Séguin souffle les 25 bougies du Sentier poétique de Saint-Venant-de-Paquette

SAINT-VENANT-DE-PAQUETTE. Un village qui renonce à renoncer. Voilà la devise de la petite municipalité de Saint-Venant-de-Paquette. Ces quelques mots servent aussi à raconter l’histoire du Sentier poétique, qui célèbre cette année son 25e anniversaire.

À la fin des années 1990, le gouvernement du Québec envoie une lettre aux élus de Saint-Venant-de-Paquette afin de leur signifier que la municipalité « était maintenant dévitalisée ». Aussitôt, le maire de l’époque, Roland Lavigne, convoque ses citoyens à une réunion spéciale pour se débarrasser de cette étiquette. « Il y avait eu une belle mobilisation, se souvient le chanteur Richard Séguin. J’avais moi-même proposé d’associer un poème à la vallée, aux brumes du matin, aux arbres centenaires. »

Cette idée prendra alors tout son sens quand Ginette Roy met en contact le comité avec son neveu étudiant à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ) de Saint-Hyacinthe. « On a créé une synergie. De notre côté, on a mis sur place des spectacles-bénéfices. L’argent amassé lors de ces événements a permis d’acheter des matériaux pour que ces étudiants créent les premières installations du sentier. On a fonctionné de cette façon pendant une dizaine d’années », raconte M. Séguin.

Les noms du regretté professeur Hercule Gaboury et de la poétesse Louise Marois sont aussi associés à l’histoire du Sentier poétique, eux qui ont permis à l’attrait de prendre de l’expansion.

Le site a également été l’inspiration d’un nouvel événement, la Grande nuit de la poésie. Le rendez-vous, qui reviendra à l’été 2024, est maintenant sous l’égide de David Goudreault. « David, c’est un gars qui joue dans la démesure, rigole son ami Richard Séguin. Lors de ces événements, la population de notre village d’une centaine d’âmes accueille près de 1500 visiteurs. C’est un défi qu’on relève avec fierté. Les retombées sont très fortes. On n’a qu’à penser à la création de quatre gîtes du passant. Mais ce dont je suis le plus fier, c’est de voir qu’on réussit à protéger notre patrimoine francophone, à quelques kilomètres des frontières américaines. »

TOURNÉ VERS L’AVENIR

En un quart de siècle, le Sentier poétique est devenu un attrait incontournable de la grande région de Coaticook. Selon Richard Séguin, on peut envisager la création de nouveaux sites le long du trajet. Toutefois, l’un de ses créateurs souhaiterait d’abord faire grandir l’impact qu’il a dans la société. « J’aimerais beaucoup que le système éducatif puisse intégrer des visites au sentier dans les cours de français. Ça donnerait un peu plus de place à la poésie. Ce n’est pas normal que dans nos cours de français, souvent, le premier contact que les élèves ont avec la poésie, c’est au cégep. On devrait faire quelque chose pour susciter cet intérêt. Une grande part de notre identité culturelle passe par la poésie. »

Avec une équipe jeune et dynamique aux commandes, l’avenir du Sentier poétique est assuré, croit le populaire chanteur. « J’aimerais souligner l’implication de Sylvie Cholette, qui a été parmi nous durant une douzaine d’années. Aujourd’hui, nous avons Élisabeth Vachon et son ami Jean-François Létourneau qui arrivent avec une tonne d’idées et d’initiatives. Ça nous donne tout un élan. Avec l’équipe en place, le Sentier est entre de bonnes mains pour encore 25 ans », conclut Richard Séguin.