La relève de l’Harmonie de Coaticook prend forme
MUSIQUE. La cloche a sonné depuis longtemps déjà au Collège Rivier. À cette heure, les corridors sont habituellement vides. Pourtant, en ce lundi soir, on entend des notes de musiques s’échapper de certains locaux. Ici, une douce mélodie, un peu plus loin, un couac franc, presque digne d’un canard, suivi de quelques rires. Chaque semaine, les membres de la relève de l’Harmonie de Coaticook se donnent rendez-vous pour parfaire leur art. Incursion au sein de ces classes musicales.
Elle ne joue peut-être pas d’un instrument, mais Denise Loiselle veille activement au bon déroulement des activités de l’Harmonie de Coaticook. En compagnie de ses collègues, la présidente de ce regroupement culturel a pensé à ce projet de relève. « Certains de nos musiciens vieillissent, d’autres nous quittent parce qu’ils partent étudier à l’extérieur, note-t-elle. On se retrouvait parfois avec des chaises vides dans certaines sections. Il fallait penser à la pérennité du groupe. C’est comme ça qu’est née l’Harmonie relève. »
Sous sa forme actuelle, l’initiative existe depuis maintenant quatre ans. O y compte pas moins d’une soixantaine de personnes, divisées en trois groupes. « On leur prête un instrument et des partitions. Nos élèves viennent ensuite à un cours, chaque semaine. La méthode fonctionne puisqu’il y a plusieurs personnes de la relève qui ont joint l’Harmonie au fil du temps. On peut donc dire mission accomplie », lance Mme Loiselle.
QUAND JEUNESSE ET EXPÉRIENCE SE CÔTOIENT
Bien assis derrière son lutrin, Nicolas Lachance fixe avec attention sa partition. Le garçon de 12 ans veut être certain de ne pas se tromper lorsqu’il soufflera dans sa clarinette. « Pour moi, la musique, c’est un passe-temps, dit-il, des étincelles dans les yeux. J’ai choisi cet instrument, car mon ami en jouait. Ça m’a un peu influencé. Ça fait un an que je me suis joint à l’Harmonie relève et je n’ai que du plaisir. »
Plaisir partagé par sa collègue clarinettiste, Christine Ménard. Sa fille joue dans « le grand groupe » et c’est ce qui l’a poussé à se joindre aux « recrues ». « J’ai hésité longtemps au départ, mais je me suis laissée tenter. J’aime ça parce que ça me fait sortir de ma petite routine. Ça me relaxe. Les pratiques, c’est mon petit moment de détente à moi. »
Devant eux se dresse Caroline Roy, leur enseignante et cheffe d’orchestre pour cette soirée. Celle qui a déjà dirigé une chorale par le passé en est à ses premières armes devant un groupe d’instrumentistes. « À ma façon, je fais aussi partie de la relève, rigole-t-elle. C’est Guillaume [Laroche, le directeur musical de l’Harmonie de Coaticook] qui m’a demandé si je ne pouvais pas venir donner un petit coup de main. J’ai dit oui parce que je trouvais le défi intéressant. Quand je suis arrivée l’automne dernier, on m’a réservé un bel accueil. Les musiciens ont été patients avec moi. J’apprends en même temps qu’eux. »
« Quand tout le monde joue ensemble, il y a une force, une magie qui s’opère. On crée quelque chose d’extraordinaire », relate-t-elle.
UN AIR DE FAMILLE
Tous les membres de la famille de Dominick Faucher font partie de l’Harmonie relève. « On m’en a parlé après une visite des musiciens à l’école que les enfants ont eue, se souvient-il. On est venue tout le monde ensemble, par la suite. Ç’a créé un esprit de groupe pas mal le fun. Pour nous, la musique génère des émotions. »
« Apprendre ensemble, c’est mieux que d’être seul, rajoute son fils Nathan. On peut aussi s’aider s’il y a quelque chose qu’on ne comprend pas. »
Le clan Ruel-Philibert se joint lui aussi aux activités du groupe chaque semaine. « On passe du temps de qualité tous ensemble », souligne la maman Cristelle Philibert.
« On est comme une mini-harmonie à la maison. On fait même des concerts pour se pratiquer », lance le papa Benoit Ruel, qui joue les percussions. Ses filles Flavie et Romy-Ève complètent le quatuor.
Inspirée par sa mère qui maîtrise le violon, Agathe Boivin-Ducharme a plutôt choisi le saxophone alto. « Je pense que la musique est en moi, avance la jeune fille de 11 ans. Ce que j’aime avec le groupe, c’est que si on a de la difficulté, on est tous là pour nous entraider. Les gens seront là pour nous aider à la surmonter. »
UNE PASSION POUR LA MUSIQUE
Guillaume Laroche est le directeur musical de l’Harmonie de Coaticook. Lorsqu’il se retrouve devant ses recrues, il dit adapter son style. « Disons que je dois faire preuve d’un peu plus de patience, explique-t-il en riant. Je me sens un peu plus à l’école. On apprend vraiment la musique, les notes, comment les lire sur une partition. Ça paraît qu’on n’enseigne pratiquement plus cette matière à l’école. »
« C’est de l’éducation, alors que quand je suis à l’Harmonie, c’est plus un rôle de création », résume M. Laroche.
Au fil des pratiques, chacun trouve sa place, ajuste son jeu et contribue à l’ensemble. Car l’harmonie, au-delà de la musique, est aussi une leçon de collaboration, de constance et d’engagement. Celle-ci pourra d’ailleurs être entendue lors du concert printanier du 23 avril, présenté au Collège Rivier.
