La photographe Joëlle Leiffet à la barre du court-métrage «Koatikéku»

CINÉMA. Photographe chevronnée, Joëlle Leiffet se lance dans une nouvelle aventure. Au cours des derniers mois, elle s’est retrouvée à la réalisation d’un court-métrage intitulé “Koatikéku, l’histoire oubliée de la rivière”, qui se veut aussi un hommage aux Premières Nations ainsi qu’à la région qui l’a vue grandir.

L’idée d’un tel projet a grandi dans l’esprit de l’artiste lors de moments un peu moins occupés au niveau professionnel. “Durant l’hiver, j’ai moins de contrats, alors j’ai plus de temps pour penser. C’est là que mon cerveau se met en mode création à fond Léon”, rigole la principale intéressée.

Joëlle Leiffet peut maintenant ajouter le titre de réalisatrice d’un court-métrage à son CV.

“Bien sûr, ma ligne directrice, c’est principalement la photo, ajoute-t-elle. Toutefois, avec les réseaux sociaux aujourd’hui et la prédominance de vidéos, ça m’a donné le goût d’explorer davantage cette forme d’art.”

Des idées lui sont rapidement venues en tête. Le choix s’est ensuite imposé de lui-même. “J’avais envie de me lancer dans un projet qui me tient à cœur. Comme je suis très attachée à la région, j’ai décidé d’utiliser l’un de nos plus beaux décors, la rivière [Coaticook]. J’ai moi-même parcouru les rives de ce cours d’eau à pied, à jouer, à faire des camps avec mes amis quand j’étais jeune.  Je me considère aussi très passionnée par l’histoire. J’ai donc voulu raconter celle des Premières Nations qui ont occupé le territoire avant nous. J’ai fusionné ces deux passions et j’y ai ajouté une petite touche de magie.”

De là est né “Koatikéku, l’histoire oubliée de la rivière”. Dans cette production d’une quinzaine de minutes, on rencontre une jeune fille prénommée Kwali, interprétée par Coralie Quirion, elle-même descendante des Premières Nations. En se promenant le long de la rivière, tout comme l’a fait la réalisatrice dans son enfance, elle effectuera un voyage dans le temps magique. “On verra comment les Abénaquis habitaient le territoire à l’époque, raconte Mme Leiffet. Ces images du passé ont été créées avec l’aide de l’intelligence artificielle. Ceux qui visionneront l’œuvre seront eux aussi plongés dans cet univers.”

Pour ajouter une touche de réalisme à l’histoire qu’elle souhaite raconter, Joëlle a travaillé avec l’artisan Pi Loup Blanc, qui est en fait le grand-père de Coralie. “C’est un artiste qui confectionne tout plein de magnifiques items. Dans le film, on retrouvera des bijoux et des sacs qu’il a créés lui-même. Je trouvais ça important qu’on voit à l’écran le travail d’un artisan d’ici et que les objets ne viennent pas d’un site quelconque sur Internet. Ç’aurait fait un peu trop impersonnel. Pi Loup Blanc a mis du cœur à son travail et ça se transmet à l’écran.”

UN TRAVAIL MINUTIEUX

Dans le cadre de son travail à titre de photographe, Joëlle Leiffet est aussi appelée à créer des vidéos. “Ce sont plutôt des œuvres corporatives. Pour le court-métrage, le processus est tout à fait différent. Il a fallu que je m’adapte et que je fasse beaucoup de recherches. Ça m’a pris plus d’un an et demi pour livrer une vision qui sera à la fois authentique et magique.”

La création de son œuvre lui a donné le goût de replonger une autre fois dans ce processus créatif. “J’aime sortir des sentiers battus, raconte-t-elle. La photo, ça demeurera quand même une passion pour moi, mais j’ai vraiment aimé évoluer dans l’univers du cinéma. C’est un privilège que j’ai de créer des histoires et de faire plonger les gens à l’intérieur de celles-ci.”

La sortie officielle du court-métrage est prévue le 30 septembre prochain, en lien avec la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. L’œuvre sera alors déposée sur les différentes plateformes de l’artiste, notamment sur la page Facebook de Leiffet Photos.