La céramique prend ses quartiers à Way’s Mills

BARNSTON-OUEST. La cour arrière du Centre d’art Rozynski est en pleine effervescence ces jours-ci, alors que l’établissement accueille l’événement Céramique à Way’s Mills.

La directrice générale du site, Julie Grenier, se réjouit que plus d’une trentaine d’artistes prennent part une fois de plus à ce rendez-vous culturel. “On sent vraiment un bel engouement cette année, lance-t-elle fièrement. Nos publications sur les réseaux rejoignent notre public. Elles sont aimées et partagées en très grand nombre. Ça nous fait penser qu’on pourrait battre un record d’achalandage. Au minimum, j’estime à environ 4000 le nombre de visiteurs qui viendront découvrir le travail de nos céramistes et participer aux nombreuses activités.”

Au cours des prochains jours, les habitués du happening pourront “vivre la céramique autrement” avec la présentation de performances de raku punk, offertes par les artistes français Jean-François Bourlard et Valérie Blaize. “À l’origine, il s’agit d’une technique coréenne, fait remarquer M. Bourlard. Il y a un petit côté zen et cérémonial, qu’on a, pour notre part, évacué. On en a fait quelque chose de très occidental. On a donc conservé le côté de la cuisson rapide. On joue avec l’émail en fusion, on casse les pièces pour les ouvrir et créer des trucs transgressifs. Avec le feu, en soirée, ça fait très théâtral et c’est aussi fort spectaculaire.”

Deux de ces prestations sont au menu, les samedis 20 et 27 juin.

Les deux artistes sont aussi en pleine résidence au Centre d’art Rozynski. Ils ont spécifiquement choisi ces dates pour prendre part aux festivités de Céramique à Way’s Mills. Cela leur permet de vivre une immersion des plus totales avec leur environnement. “Lors de mon arrivée, j’ai voulu faire connaissance et en apprendre davantage sur les Rozynski, raconte Valérie Blaize. On m’a permis de me promener un peu partout dans l’établissement. J’ai donc regardé la bibliothèque, quelques livres et je suis même allée au sous-sol, dans les archives. J’ai lu quelques-unes de leurs correspondances et j’en ai tiré des extraits qui m’ont fortement inspirée. Elle avait écrit à ses anciens élèves, qui demandaient comment réussir à prendre sa place en tant que céramiste. Même si ce sont des écrits qui datent de quelques décennies, le sujet demeure intemporel. J’ai pu m’imprégner de ces textes pour créer mes propres pièces qui leur font écho. Ça m’a permis de m’immerger et d’oublier mon quotidien.”

DÉCOUVRIR CET ART

Plusieurs activités se retrouvent dans la programmation de cet événement estival. D’abord, il y a l’expo-vente, qui permet aux artistes de dévoiler leurs plus belles œuvres. Manon Ste-Marie y participera une première fois cette année, mais elle connaît très bien le rendez-vous. “Ça fait cinq ans que je viens à titre de bénévole, raconte-t-elle. Cette première en tant qu’exposante, je la vis avec beaucoup d’excitation, de fierté et de fébrilité.»

J’ai eu la chance d’observer par le passé la qualité des pièces présentées. Et c’est donc un honneur de me joindre à cette cohorte.»

Manon Ste-Marie

L’artiste apprécie l’esprit de communauté qui règne sur le site. “J’adore jaser avec les visiteurs et échanger avec mes collègues”, affirme celle qui propose de la vaisselle utilitaire et qui dit avoir un faible pour les hautes pièces, comme les pichets et les urnes.

L’exposition en plein air a été confiée à Nathalie Batraville et aura pour thématique “J’ai connu des rivières”. Sous l’œil de la commissaire Noémie Fortin, elle explorera les mémoires, les passages et les enracinements des communautés afrodescendantes aux abords de la rivière Niger.

Il sera aussi possible de créer ses propres œuvres en participant à des ateliers de céramique.

Une mosaïque collective des membres de Coatic’Art sera assemblée. Le public est invité à y ajouter sa touche personnelle.

Céramique à Ways’ Mills se poursuit jusqu’à dimanche prochain (28 juin). La programmation complète est disponible sur le site internet du Centre d’art Rozynski.