Trois niveaux dans une même classe à l’école primaire de Sainte-Edwidge-de-Clifton

Vincent Cliche vcliche@leprogres.net

Trois niveaux dans une même classe à l’école primaire de Sainte-Edwidge-de-Clifton
Les enseignantes Annick Côté et Jessica Favreau se retrouvent à la tête d'une classe de trois niveaux composée de 37 élèves, à l'école primaire de Sainte-Edwidge-de-Clifton. Le défi paraît colossal, mais les techniques utilisées par ces profs rendent la tâche plus facile. (Photo : (Photo Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche))

SAINTE-EDWIDGE-DE-CLIFTON. Depuis la rentrée en août dernier, l’école primaire de Sainte-Edwidge-de-Clifton fait l’objet d’un projet-pilote. En effet, 37 élèves de la 1ère à la 3e année ont été regroupés en une seule classe, que dirigent les enseignantes Annick Côté et Jessica Favreau.

Cette initiative vient de l’une des professeures titulaires du nouveau groupe. « Ça fait longtemps que je voulais essayer une autre façon d’enseigner, dit Mme Côté. J’ai fait beaucoup de lecture sur ce qui se faisait ailleurs et j’ai retenu les bienfaits de regrouper certains niveaux. J’ai amené mon idée à la direction, qui m’a ensuite encouragée dans ce grand projet. »

Lorsque l’école voisine de Martinville a été transformée pour y accueillir les élèves d’âge préscolaire avec l’arrivée des maternelles 4 ans, les jeunes du primaire de cet établissement ont déménagé du côté de Sainte-Edwidge-de-Clifton. « Ç’a été l’élément déclencheur de l’aventure. Il ne me manquait qu’une prof pour embarquer dans ma folie », rigole-t-elle.

Le sort a voulu que cette enseignante soit Jessica Favreau, avec qui Annick Côté s’entend somme toute fort bien. « L’an dernier, j’en étais à ma première année. J’ai collaboré à quelques reprises avec Annick et j’ai bien aimé ça. Lorsqu’elle m’a parlé de son projet, j’y ai d’abord réfléchi, parce qu’a priori, ça semblait être une grande tâche, mais j’ai tout de même sauté dans l’aventure avec plaisir. »

Le projet reçoit donc le feu vert du Centre de services scolaire des Hauts-Cantons. On a débuté les travaux pour agrandir une classe quelques jours avant la fin de l’école, en juin dernier. « Il n’était pas question que je quitte pour l’été avant de voir le trou dans les murs. Je voulais que ça se fasse », rigole Annick Côté, qui croit mordicus au bien du projet.

PAS SI ESSOUFFLANT QUE ÇA

Avoir 37 élèves de trois niveaux différents devant soi peut paraître assez difficile à gérer. « Il ne faut pas oublier qu’on est deux », répond Jessica Favreau lorsqu’on lui fait remarquer.

« Notre secret, c’est d’enseigner au plus petit nombre possible d’élèves », confie ensuite sa collègue.

En effet, les enseignantes fonctionnent par atelier. « On divise notre classe en petits groupes. Pour certaines matières, comme le français, c’est un peu plus facile, car on parle de lecture ou bien d’écriture. On lance une thématique aux élèves et, dans notre correction, on s’adapte », font savoir les enseignantes.

On jumèle également les élèves selon leurs forces. « Ceux qui ont un peu plus de difficultés s’entraident entre eux. Et ceux qui ont plus de facilité ont toujours des activités pour les tenir occupés. Ils ne stagnent pas dans leurs apprentissages. On les nourrit, on les pousse davantage », mentionne Mme Favreau.

Il est certain que ça demande un peu plus de préparation, mais les avantages sont nombreux, surtout pour les jeunes, insiste-t-on du côté des professeures. « Le résultat est très positif, même après une seule étape. La plupart des élèves ont de l’avance comparé aux années précédentes où j’ai enseigné. En première année, plusieurs savent lire et peuvent même écrire, même s’ils font certaines erreurs », explique Mme Côté.

Fait à noter, durant certaines matières, comme l’anglais, l’éducation physique ou encore les mathématiques de 3e année, le groupe est divisé, ce qui allège un peu la tâche des enseignantes. Elles sont aussi appuyées par une technicienne en éducation spécialisée. « Bref, on n’est pratiquement jamais seules. »

AVENIR DU PROJET

Si le projet continue d’accumuler des points positifs, la direction de l’école primaire de Sainte-Edwidge-de-Clifton aimerait bien étendre ce concept vers les 4e, 5e et 6e années. « On se donne encore deux ans, puisque notre groupe test est celui des premières années », souligne le directeur Martin Thériault.

Parlant d’évaluation, le mot examen n’est jamais prononcé dans cette classe nouveau genre. « On dit plutôt qu’on va vérifier leurs connaissances ou qu’on va faire seul ce travail. Ça enlève un certain stress. La note est envoyée aux parents dans une enveloppe cachetée. Les élèves ne peuvent donc pas se comparer entre eux, ce qui amène une meilleure dynamique dans la classe », lance Annick Côté.

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