Stanstead-Est s’oppose au démantèlement du vieux barrage de la Chute-Burroughs

HYDRO-QUÉBEC. Le démantèlement possible du barrage de la Chute-Burroughs, qui n’est plus en fonction depuis 2010, n’enchante guère la Municipalité de Stanstead-Est.

Hydro-Québec (HQ) envisage la démolition vers 2031 afin que la rivière Niger retrouve ses conditions naturelles d’origine.

La Société d’État ajoute que cet ouvrage mis en service en 1930 a cessé sa production hydroélectrique et ne présente aucun potentiel énergétique viable. Toujours selon HQ, son maintien exige des coûts élevés, et ce, sans compter sur des investissements importants pour assurer sa sécurité et sa pérennité.

Après plusieurs pourparlers avec diverses organisations, incluant la Nation Wabanaki et la population riveraine touchée, le démantèlement et une restauration écologique de la rivière Niger ont été retenus comme la solution la plus appropriée. Ottawa et Québec suivront les démarches de près avant de donner leur autorisation.

Rétablir le niveau d’eau en amont du barrage actuel à ce qu’il était avant 1930 est un autre élément positif, aux yeux d’Hydro-Québec. La Société d’État assure que des mesures d’atténuation et de suivi seront élaborées afin de limiter les impacts sur les milieux naturels et humains.

INQUIÉTUDES À STANSTEAD-EST

La mairesse Pamela B. Steen exprime une série de préoccupations. “On nous a offert de l’acheter, mais une petite Municipalité comme la nôtre ne peut se permettre les futurs coûts d’entretien”, affirme-t-elle d’entrée de jeu.

De plus, l’élue craint qu’une remise dans son état naturel après presque un siècle risque de causer davantage de dégâts environnementaux que de bienfaits pour la nature.

Mme Steen apprécie aussi la présence actuelle du plan d’eau, en amont du barrage, qui pourrait être d’une grande utilité par temps de sécheresse ou lors d’incendie. “L’eau serait ainsi utilisée pour nourrir du bétail ou pour combattre les flammes, résume-t-elle. Supprimer ce bassin sera également une perte pour les amateurs de pêche.”

La première magistrate craint des impacts sur une dizaine de riverains résidentiels et agricoles, qui ont toujours connu ce même paysage. “Ces propriétaires auraient peut-être l’impression d’avoir un plus grand terrain avec moins d’eau, mais cet espace demeurera la propriété d’Hydro-Québec”, ajoute Mme Steen.

La mairesse est toutefois réaliste malgré ses doléances. Elle sait très bien qu’Hydro-Québec ne veut pas payer des centaines de milliers de dollars en coûts d’entretien. “On souhaite que ces travaux, s’ils se réalisent, se fassent dans les règles de l’art et dans le respect des riverains, de l’environnement, de la faune et de la flore.”