Reprendre le flambeau… mieux outillé

ÉDUCATION. Si tout va bien, Joseph Ruf devrait reprendre les rênes de la ferme familiale au cours des prochaines années. Même s’il a grandi avec “l’agriculture dans le sang”, le jeune homme de 18 ans poursuit des études au Centre de formation professionnelle de Coaticook – CRIFA, au sein de deux programmes bien particuliers.

L’an dernier, Joseph Ruf a terminé le volet “Production animale”. Présentement, il fait ses classes dans le garage de l’établissement en “Mécanique agricole”. “Tout ce que j’apprends à l’école va me permettre de devenir un meilleur producteur et un meilleur agriculteur, résume l’étudiant.”

“Le but, c’est d’avoir le plus d’outils possible, ajoute-t-il. On est capable de prendre soin des animaux, d’avoir une plus grande connaissance dans les champs et t’es capable de te débrouiller pour réparer une peu de machinerie. C’est vraiment un plus pour n’importe qui qui souhaite évoluer dans ce domaine.”

Et, oui, même pour quelqu’un qui fait partie de la relève. “J’ai grandi sur la ferme de mon père et de mon grand-père [la ferme Ruf], à Stanstead. Depuis que je suis tout petit, je me promène en tracteur. J’ai toujours aimé gosser sur de la machinerie. Je me suis aussi toujours impliqué à la ferme.”

Tout comme l’ont fait ses trois sœurs. “Il y en a une qui est un peu plus intéressée à poursuivre dans cette direction, comme moi. Une autre est partie dans l’Ouest [canadien] et l’autre est en médecine.”

Son parcours au Centre de formation professionnelle de Coaticook – CRIFA l’amènera à visiter d’autres types d’établissements. “Chez nous, on se spécialise dans la vache à bœuf. Ce que j’aime de mes cours, c’est lorsqu’il y a des stages. Il y en a un récemment où je suis allé sur une ferme de volailles. C’était un domaine que je ne connaissais pas. Ça m’a ouvert les yeux. J’ai même pu apprendre certaines techniques qui seraient intéressantes à utiliser chez nous.”

PLACE À LA RELÈVE

S’il s’estime fort chanceux d’avoir grandi dans une famille déjà bien implantée dans le milieu agricole, Joseph Ruf sait pertinemment bien que tous ne connaissent pas le même destin. “Ça se parle vraiment entre nous, dans les cours. Ce ne sera pas facile pour la relève. La valeur des terres est de plus en plus à la hausse. Ça fait que, à moins d’avoir des millions en poches, l’accessibilité à ces terres est pratiquement impossible.”

Même constat pour la relève familiale. “Peut-être qu’on est un peu plus chanceux pour obtenir des parts dans une entreprise, mais si on a des plans d’agrandir l’entreprise, on sera confronté aux mêmes réalités que les autres. Et ça fait mal.”

Pour le moment, la ferme Ruf possède une cinquantaine de têtes.