« On sent qu’il y aura plus d’arbres sur le marché »

COATICOOK. Malgré les soubresauts de Dame nature, l’industrie du sapin se porte relativement bien cette année. « On sent qu’il y aura plus d’arbres sur le marché », avance le président de l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec (APANQ) et directeur des opérations chez Valfei, Charles Vaillancourt.

Côté production, l’été très sec que la province a enregistré aura des répercussions sur les jeunes cultures. « Certains arbres ont été mis dans un état de choc. Chez nos plus jeunes pousses, qui ont un système racinaire peu développé, ce sera définitivement plus difficile. Il y aura de la mortalité, surtout avec les fortes pluies qu’on a eues au printemps. Par contre, pour nos arbres un peu plus matures, ceux qui mesurent de trois à cinq pieds, il n’y aura pas de problème. Ils auront eu une belle année de pousse en raison de la chaleur », explique M. Vaillancourt.

Quant à « la récolte » des derniers jours, elle s’annonce idéale. « On a une température extraordinaire. Je sais que monsieur madame tout le monde n’aime pas trop la neige, la pluie ou encore la slush, mais pour nous, pour notre culture, c’est ce que ça prend. »

MENACE DES TARIFS

La menace des tarifs américains a surplombé l’industrie des arbres de Noël, comme dans bien des secteurs. « Ç’a amené une inquiétude chez nos producteurs, c’est certain. Pour le moment, nous ne sommes pas impactés par ces tarifs [l’industrie est protégée par le plus récent accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique]. On subit quand même des effets. Certains de nos clients américains ont changé de fournisseurs pour s’assurer d’un approvisionnement durant les Fêtes. »

« Si jamais on est frappé par une taxe supplémentaire de 25 %, on ne pourra pas vendre nos arbres au même prix et absorber cette hausse. Si on le fait, on va vendre l’arbre à perte. Ça représente beaucoup plus que nos marges initiales. On ne serait pas capable de survivre », renchérit le président de l’APANQ.

Néanmoins, de nombreux sapins de Noël sortiront des terres du Québec. « C’est de plus en plus le temps de faire un virage vert, lance Charles Vaillancourt. Les gens qui cherchent à faire de petits choix simples, mais bénéfiques pour notre planète, peuvent opter pour un arbre naturel plutôt qu’artificiel. Ce petit choix peut avoir un gros impact. »