Marchand de bonheur: Sylvain Madore, la voix d’un leader et d’un rassembleur

COATICOOK. Après plus d’une décennie d’implication à la radio coopérative CIGN 96,7 FM, le directeur général Sylvain Madore tire sa révérence, laissant derrière lui une organisation transformée. Apprécié pour son leadership rassembleur, sa bonne humeur et son amour indéfectible de la région qu’il n’a jamais cessé de mettre de l’avant, il aura contribué de façon déterminante à faire grandir cet organisme.

Sylvain Madore a fait ses premiers pas chez CIGN en 2014, deux années après sa mise en ondes. “Au départ, j’étais bénévole, raconte le principal intéressé. Je faisais du routage musical à partir de chez moi, à distance.”

“On m’a ensuite offert l’animation de “L’Agent libre”, les mercredis après-midi, avec bien des collaborateurs. Je m’en fais encore parler aujourd’hui. Depuis que j’ai annoncé mon départ à la direction, les gens me demandent si je retrouverai cette émission”, lance-t-il en riant.

Faire de la radio a toujours été un rêve pour lui. “Plus jeune, je me pratiquais dans ma voiture. Je faisais des intros sur des chansons. Quand est venu le temps de m’inscrire à Jonquière [où se donne le cours Art et technologie des médias], j’ai manqué de “guts”. J’étais le bébé de la famille et, le Saguenay, je trouvais ça trop loin. J’avais trop peur de m’ennuyer de ma famille. Ç’a été un peu la même chose quand je me suis inscrit en rédaction et communication à l’Université de Sherbrooke. Finalement, on m’a embauché chez John Deere comme vendeur de machinerie agricole, où j’ai occupé ce poste pendant huit ans, juste avant de prendre le relais dans la compagnie de transport de lait de mon père.”

ARRIVÉE À LA DIRECTION

Après avoir apprivoisé ce média, le conseil d’administration de la radio lui confie le poste de directeur général.

Dans ses nouvelles fonctions, Sylvain Madore découvre qu’il se passionne autant pour la communication que pour la gestion des affaires. “J’ai toujours aimé faire du micro. J’admire Marie-Pier [Audet] et Marie-Michèle [Cadieux] qui font 15-20 heures de radio en direct chaque semaine. Mon Dieu que je ne pourrais pas faire ça. C’est beaucoup trop. Quand j’animais, j’avais ce petit côté chef d’orchestre. Je gérais le trafic avec les collaborateurs et je m’occupais de la console. Je me suis rendu compte que c’est ce que j’aimais faire. Gérer le quotidien, gérer la business, c’est plus ça qui m’attirait finalement. J’ai pu joindre mes deux passions à la direction générale.”

Sous sa gouverne, la coopérative est passée de déficits annuels de quelques milliers de dollars à des surplus allant à plus de 50 000 $. “On est arrivé à une position où on avait les moyens de nos ambitions. Ma première grosse décision a été d’embaucher Christian [Caron] comme journaliste. Je lui avais donné comme mission de nous aider à bâtir une crédibilité à la radio. Il ne faut pas oublier qu’on n’était seulement trois employés à temps plein  dans ce temps-là.”

Les années de la pandémie ont aussi marqué le passage de M. Madore à la direction. “Les publicités du gouvernement nous ont permis d’engranger beaucoup d’argent”, avoue-t-il.

La bonne condition financière de l’organisme au fil du temps a permis au conseil d’administration de donner le feu vert à l’achat du bâtiment de Promutuel Assurance, en plein cœur du centre-ville de Coaticook. “Ç’a été ma plus grande fierté, dit-il. Ça faisait longtemps que je voulais que la radio ait une belle visibilité, au niveau de la rue. On est ici depuis maintenant plus d’un an et nos bases sont solides. On paie nos factures et les organismes locataires sont heureux. Quand je regarde tout ça, j’ai fait le tour de ce que j’avais à faire. Ce sera à quelqu’un d’autre de poursuivre la mission de la radio et de l’amener à un autre niveau.”

AVOIR SON MILIEU À CŒUR

Une partie des récents succès de la radio coopérative repose sur les épaules de son directeur général. De par son implication au sein du milieu, les différents partenaires ont décidé de lui faire confiance. “Je pense que ça vient de tout le travail qu’a fait mon père, à titre de Chevalier [de Colomb] ou encore comme conseiller municipal. Je suis conscient que le nom Madore a un certain rayonnement. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait avec mon cœur. Je crois en la radio. C’était simple pour moi d’aller cogner aux portes. Si y’a un peu de moi dans ce succès, je vais le prendre comme un compliment.”

Maintenant qu’il a quitté la direction générale, Sylvain Madore aura un peu plus de temps pour lui. “Je veux faire de la motoneige, jouer au hockey et faire un peu plus de sorties culturelles, au théâtre et au cinéma. Je veux aussi garder du temps avec ma famille, qu’on soit tous réunis autour d’un bon repas.”

Il conservera son micro, les vendredis matins, à l’animation avec ses collègues et amis Caroline Sage et Francis Riendeau.

Il dit aussi vouloir garder son entreprise de transport de lait quelques années encore. “C’est un héritage que mon père nous a légué. On a une belle région laitière et tant que je serai en forme, j’y consacrerai encore du temps.”