Marchand de bonheur: la cuisine et le sourire de Claudette Lavoie font battre le cœur de L’Épervier
COATICOOK. Depuis plus de 15 ans, Claudette Lavoie est l’âme de la salle L’Épervier, à Coaticook. Derrière le bar comme en cuisine, son sourire chaleureux, son entregent naturel et ses plats réconfortants fidélisent une clientèle qui revient encore et encore. Voilà un attachement qui dépasse le simple cadre professionnel puisqu’il y a 50 ans, c’est entre ces mêmes murs que son mariage a été célébré.
Avant qu’elle ne se retrouve à la barre de L’Épervier, Claudette Lavoie portait – et porte toujours d’ailleurs – plusieurs chapeaux au sein des Entreprises Clément Lavoie. En 1983, le regroupement n’était qu’une station-service. Une année plus tard, les dirigeants font l’ajout du volet remorquage et, en 1988, on agrandit la flotte pour y accueillir des camions pour le transport.
Un saut dans le temps à l’automne 2008 : Clément Lavoie, son conjoint, fait l’acquisition de la salle L’Épervier, qui était fermée à l’époque et dont le stationnement servait à accueillir les véhicules de l’entreprise.
« Disons que ç’a été toute une surprise, confie la principale intéressée, un large sourire accroché au visage. Je trouvais que ce n’était pas mon domaine du tout. Je m’occupais des bureaux et de l’administration d’une station-service, d’un service de remorquage et d’une entreprise de transport. Rien à voir avec le service au bar ni à la cuisine. »
Heureusement, Claudette Lavoie se débrouille plutôt bien derrière les fourneaux. « J’ai toujours été bonne en cuisine. J’ai une certaine facilité. Plus jeune, à l’école, j’adorais les cours d’art culinaire qu’on donnait au pensionnat [elle a fréquenté l’institution aujourd’hui occupée par le Collège Rivier]. Je me souviens avoir fait des petits biscuits Beatles. C’était une pâte blanche qu’on roulait dans le chocolat. C’est comme si on donnait une coiffure à nos biscuits, qui s’apparentait à celle des Beatles. »
« À 14 ou 15 ans, ma grand-mère maternelle nous a invités pour Noël, poursuit-elle. Elle voulait que je fasse des petites bouchées que j’avais appris à faire à l’école. J’ai passé une journée avec elle à faire des desserts. C’est un peu la même chose à L’Épervier. Je passe beaucoup de mes journées à cuisiner. On peut dire que je me suis quand même retrouvée en terrain connu. »
DES P’TITS PLATS RÉCONFORTANTS
Avant la réouverture de L’Épervier, en 2008, les nouveaux propriétaires ont procédé à des travaux d’agrandissement pour remettre l’endroit au goût du jour. On a également retravaillé le menu, question d’attirer à nouveau la clientèle.
« On a été chercher les gens par leur estomac, rigole Mme Lavoie. Je pense que ce qui fait notre succès, ce sont des petits plats réconfortants, un peu comme la cuisine de notre grand-mère. »
Le secret réside aussi dans sa brigade. « Mélanie [Blais], je l’appelle ma petite cheffe. C’est un chef-d’œuvre », décrit-elle.
Au menu, difficile de résister au poulet aux fines herbes ou encore celui farci aux poires et au brie ou aux canneberges, une recette spéciale offerte durant le temps des Fêtes. Et c’est sans compter les savoureux desserts comme le décadent moelleux aux pommes.
« Même si on accueille des événements où il faut travailler un peu plus notre menu [comme pour le Gala Excellence, l’événement de la Chambre de commerce et d’industrie de la région de Coaticook], il y aura toujours cette touche traditionnelle, réconfortante. »
DES ÉVÉNEMENTS RASSEMBLEURS
Outre le service qu’elle offre aux différentes organisations, Claudette Lavoie conserve certains rendez-vous ponctuels tout au long de l’année, comme les brunchs de Pâques et de la fête des Mères.
« Je pense que c’est important d’accueillir la population à certains moments de l’année. On attire près de 400 personnes. On leur ouvre nos portes. Si j’avais juste ce côté de l’entreprise à m’occuper, c’est sûr que j’en ferais un peu plus. D’ailleurs, on me demande souvent de faire des brunchs tous les mois, voire même toutes les semaines. »
Car oui, les Entreprises Clément Lavoie occupent une bonne partie de son temps. « Certaines personnes ont été surprises de me revoir à la pompe cet automne. Je remplaçais Alicia [Laroche, une jeune hockeyeuse qui s’est battue contre le cancer au cours des derniers mois]. »
« Il y a aussi eu l’incendie [du garage] il y a déjà quatre ans. Heureusement, on s’en est bien sorti et les opérations ont pu se poursuivre. On a loué le garage chez ADL, où la mécanique s’y fait encore. On a réduit un peu les actifs, en raison du contexte économique. Avant, on livrait pas mal de papier. Là, on se spécialise davantage sur les produits d’épicerie, comme le jus. On fournit une grande chaîne. Il a fallu diversifier nos activités pour survivre. »
Une chose est certaine, Claudette Lavoie sera impliquée dans chacune des branches des entreprises qu’elle gère « jusqu’à ce que son corps ne suive plus ». « J’ai 69 ans et j’ai encore une passion qui m’anime », avance-t-elle.
