Le voyage de Serge Riendeau à Dubaï marqué par une guerre naissante

COATICOOK. Parti chercher le dépaysement à Dubaï, Serge Riendeau s’est plutôt retrouvé aux premières loges d’un conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. Son voyage a rapidement changé de ton. Les visites touristiques ont fait place à l’incertitude ainsi qu’aux messages d’alertes quasi quotidiens. Récit avec cet homme qui, malgré tout, a su garder son sang-froid.

M. Riendeau et sa conjointe, Sylvie Gendron, ont choisi les Émirats arabes unis comme destination après avoir assisté à une présentation en compagnie d’un couple d’amis. Le charme de ce pays du Moyen-Orient a opéré et ils s’y sont envolés le 18 février dernier.

“Durant les premières journées, on passait d’agréables moments. Dubaï, c’est vraiment une belle ville. C’est jeune, c’est moderne. Il y a une fusion de plein de cultures qui rend cet endroit vraiment intéressant”, relate celui qui est également conseiller municipal à la Ville de Coaticook.

Dix jours après avoir atterri dans ce coin du globe, tout bascule. “C’était le 28 février, je vais toujours m’en rappeler. Je discutais avec une dame originaire de la Suisse. Elle venait d’apprendre qu’un missile avait été intercepté. On a regardé vers le ciel et on a aperçu la déflagration. On voyait le parcours du missile, qui avait laissé une trace, comme le font les avions. Ça ne m’avait pas trop ébranlé sur le coup.”

Quelques heures plus tard, en pleine nuit, une alerte retentit sur chacun de leur cellulaire. “Disons que ça réveille pas pire, dit-il dans un langage coloré. C’était comme nos alertes Amber, sauf qu’au lieu de dire qu’un enfant avait été enlevé, on nous prévenait qu’un missile avait été lancé vers l’endroit où on se trouvait. On nous demandait aussi de se mettre à l’abri avec d’autres consignes pour bien se protéger. Vu qu’il était tard dans la nuit, on s’est dit qu’on allait descendre dans le lobby de notre hôtel.”

Rendu là, le couple a été en mesure d’observer les ravages de ce qui s’apparente à une guerre. “L’endroit avait été envahi par une tonne de personnes, se souvient M. Riendeau. Ils avaient été accueillis à l’hôtel pour y trouver refuge. Il y avait des gens ravagés assis à terre, l’air inquiet, des enfants couchés. Certains pleuraient. C’était la misère. Ça m’a marqué pendant le temps qu’ils sont restés avec nous.”

Après un répit de quelques jours, l’agence avec laquelle le couple Riendeau-Gendron a fait affaire a décidé de reprendre les excursions jugées sécuritaires. “Cette journée-là, on était supposé aller visiter un aquarium. On est embarqué dans l’autobus, puis à mi-chemin, il y a 40 cellulaires qui se sont mis à sonner. On avait tous reçu une nouvelle alerte qui nous disait qu’un missile approchait. Ça n’a pas pris de temps que les organisateurs ont décidé de rebrousser chemin.”

Serge Riendeau dit avoir été très chanceux pour son retour en sol canadien. Son départ était prévu le 8 mars et n’a été retardé que d’une seule journée.

“C’est assez spécial ce qu’on a vécu, philosophe-t-il. Il y en a qui aurait peut-être pu avoir peur, mais moi, j’ai décidé de garder mon sang-froid. On se sentait bien entourés et bien accompagnés par nos guides et les gens sur place. On a toujours pu communiquer avec nos proches, ce qui était réconfortant. Même que les gens d’ici étaient peut-être un peu plus inquiets que nous. J’ai visionné des reportages et, parfois, je trouvais qu’ils avaient un peu amplifiés la réalité comparé à ce qu’on a réellement vécu, à Dubaï.”

Malgré toute cette mésaventure, Serge Riendeau promet de voyager à nouveau. “Ça ne m’empêchera pas de découvrir le monde. J’y ai pris goût dans le cadre de mes fonctions avec Agropur [il a été le président de cette coopérative de 2002 à 2017, en plus d’avoir été à la tête de la Commission canadienne du lait]. Quant à mon prochain voyage, il ne reste plus qu’à déterminer la prochaine destination, mais surtout, à en jaser avec ma conjointe”, rigole-t-il.