Le projet d’éoliennes alimente les discussions dans la région de Coaticook
COATICOOK. L’entreprise Innergex a convié la population à une rencontre d’informations sur son projet prévoyant la construction d’éoliennes dans la MRC de Coaticook, mercredi en fin de journée (15 juillet). Plusieurs citoyens se sont pointés à la salle L’Épervier en quête de réponses aux nombreuses interrogations que soulève cette éventuelle implantation.
Dans les faits, Innergex prévoit implanter ériger 16 éoliennes dans certains secteurs de Coaticook, Dixville et Saint-Herménégilde, un chiffre qui pourrait même atteindre une vingtaine de structures, dépendamment du type de turbines qui sera sélectionné par le promoteur. Une zone exploratoire comprenant Sainte-Edwidge-de-Clifton, Martinville, Saint-Malo et Saint-Isidore-de-Clifton est également envisagée.

Innergex dit s’intéresser au territoire de la région depuis 2022. “Ça fait longtemps qu’on a des conversations avec la MRC en lien avec un potentiel d’intégration, souligne l’associée principale de l’entreprise, Camelia Douak, dont le rôle consiste à faire de la prospection. On voulait donc revenir voir la population dans le cadre de l’appel d’offres qui est en cours depuis avril dernier. On veut prendre les commentaires des gens concernant le projet, qui a évolué avec le temps. Ça va nous donner l’opportunité de voir s’il y a des inquiétudes ou encore des préoccupations.”
On a également mis l’emphase sur les retombées positives du projet. On parle ici de redevances aux municipalités, qui peuvent atteindre 6227 $ par MW installé, sur une période de 30 ans, un montant déterminé par décret gouvernemental. “Il y a aussi des impacts positifs au niveau des emplois. De notre côté, on priorisera la main-d’œuvre locale au niveau de l’exploitation et la construction du parc”, mentionne Mme Douak.
Si le projet obtient l’aval de tous les décideurs, une construction sera possible autour de 2031 ou 2032.
“ON EST LÀ AUSSI POUR S’INFORMER”
Le préfet de la MRC de Coaticook et maire de Coaticook, Simon Madore, s’est fait un point d’honneur de se présenter à cette séance d’information. “En tant qu’élus, on est là aussi pour s’informer, lance-t-il. On apprend aujourd’hui quelles sont les zones ciblées sur notre territoire. Ces secteurs, où le potentiel éolien est fort, il y en a plusieurs. Toutefois, lorsqu’on appliquera notre politique-cadre, leur nombre sera probablement réduit. Par exemple, il y en a un qui se trouve près d’une ferme. Est-ce que ce sera assez loin selon les règles qu’on veut appliquer? Ce sera à voir.”
“Je tiens à dire aussi que, pour le moment, les municipalités ne sont ni pour ni contre le projet”, ajoute M. Madore.
Chose certaine, l’acceptabilité sociale sera déterminante pour l’avenir de ces parcs d’éoliennes. “Impérativement, ça prend l’appui de la population”, reconnaît-il.
PLUSIEURS INQUIÉTUDES
Jean-Paul St-Laurent possède une propriété du côté de Saint-Herménégilde. Il a participé à la rencontre du 15 juillet, question de s’informer et de prendre le pouls de la population. “Je suis plutôt contre le projet tel qu’il m’a été présenté. Il me semble être trop près des zones où se trouve la population. J’ai parlé avec des gens qui vivent au quotidien avec des éoliennes et plusieurs souffrent. À Sorel, quelqu’un avait invité sa sœur à coucher et elle n’a pas été capable de dormir parce que ça faisait trop de bruit. Ils ont dû fermer la fenêtre.”
Sharron Cimon criant pour sa part que de telles structures détruisent le paysage. “C’est notre richesse dans la région, raconte cette femme de Saint-Herménégilde. Chez moi, il y a des gens qui s’arrêtent en voiture ou à vélo pour admirer les champs. Si on met des éoliennes, on vient enlaidir le paysage.”
De son côté, Paul Cardin dénonce la façon dont s’est déroulée la rencontre. “Je m’attendais plutôt à une assemblée où tous pouvaient prendre la parole, pour qu’il y ait un dialogue et des discussions. J’aurais préféré que tout le monde ait la même information en même temps. La procédure n’était pas très démocratique”, croit-il.
De son côté, Josée Desjarlais est en faveur du projet. “Je regarde le rythme auquel notre planète évolue et nos besoins énergétiques sont criants. Nos bassins sont aussi à sec. Ça prend des projets du genre pour créer de l’énergie renouvelable”, note cette citoyenne de Dixville, qui a signé une entente avec le promoteur pour que son terrain puisse possiblement accueillir le projet.
Innergex tiendra une nouvelle rencontre d’informations un peu plus tard cet automne.
