Le maire de Coaticook demande une hausse des transferts de Québec vers les municipalités

COATICOOK. Le maire de Coaticook et préfet de la MRC du même nom, Simon Madore, est catégorique. Québec devra augmenter les sommes qu’il remet aux municipalités. “Si rien n’est fait, tout va péter en même temps dans les villes”, prévoit l’élu.

C’est le message que M. Madore a voulu envoyer en marge de la visite du ministre des Affaires municipales, Samuel Poulin (voir texte ci-haut). Ce même constat a été véhiculé par l’ensemble de ses collègues de la province, lors des récentes assises de l’Union des municipalités du Québec.

“Québec nous demande d’en faire de plus en plus, mais l’argent qu’on nous alloue ne suit pas, dénonce M. Madore. On ne s’occupe plus juste de déneiger les rues, ramasser les déchets ou encore de l’eau potable. Il y a les travailleurs de rue qu’on supporte et c’est sans compter tout l’entretien qu’il faut faire de nos routes.”

Les revenus de taxation sont principalement les seuls moyens pour les municipalités d’aller chercher de nouvelles sommes. “Il y a des gens qui proposaient aux assises de simplement hausser les taxes. Je veux bien, mais, un moment donné, il faut penser à la capacité de payer des contribuables. Il va falloir que Québec ajuste le tir”, espère le maire de Coaticook.

Ce dernier dit que les municipalités font déjà “largement” leur part. “On a récemment ouvert un CPE à Coaticook. Habituellement, ce genre d’installation relève du provincial. Là, on a aidé à payer les structures et on a donné les terrains, sans aide supplémentaire. Le gouvernement coupe et on dirait qu’on est appelé en renfort.”

UNE HAUSSE DE TAXES

Sans grande surprise, les contribuables coaticookois doivent s’attendre à une hausse de leur compte de taxes en 2027. De quel ordre sera-t-elle? Difficile de l’évaluer à ce stade-ci de l’année, note le maire Simon Madore.

“Avant, on disait qu’on allait se coller à l’inflation, mais c’est maintenant devenu un rêve. Si on fait ça, avec toutes les tâches que nous avons à réaliser, on n’y arrivera pas. Et on ne peut pas non plus gruger trop dans nos surplus. Sinon, on va encore agrandir le gouffre.”

Par chance, Coaticook peut compter sur Hydro-Coaticook pour amener un peu d’eau au moulin. Un privilège que n’ont pas toutes les municipalités et encore moins les plus petits villages.

“Ce sera encore plus difficile pour eux, croit celui qui est également le préfet de la MRC de Coaticook, et donc bien au fait des réalités de ces milieux. Si je prends Saint-Venant-de-Paquette, en exemple. Il n’y a que 75 ou 80 citoyens et peu de propriétaires. Quand ils envoient leurs comptes de taxes, il n’y a pas beaucoup d’argent qui rentre. Lorsqu’ils font un chemin de gravier, ça leur coûte le même prix qu’une ville comme la nôtre. Leur capacité à payer est moindre.”

L’élu croit que l’idée des fusions refera alors surface. “Il y aura des ressources communes, comme la direction générale ou encore pour certains employés municipaux. Ils n’auront pas le choix de se tourner vers cette idée.”