La filière éolienne au cœur des échanges lors d’une rencontre à Coaticook

COATICOOK. Pendant un peu plus de deux heures, des citoyens ont tenté d’en apprendre davantage sur la filière éolienne lors d’une rencontre d’information organisée par la MRC de Coaticook, mardi soir (29 septembre).

Près de 250 personnes se sont d’ailleurs déplacées à la Place Sylvain-Véronneau de l’école secondaire La Frontalière.

L’événement avait d’abord pour but de présenter le règlement de contrôle intérimaire (RCI) sur le sujet, venant changer certains aspects du schéma d’aménagement. D’abord, les éoliennes devront être construites à plus d’un kilomètre et demi des zones urbaines, alors que cette distance n’était que d’un kilomètre avant les nouvelles normes du RCI. En milieu rural, la distance passe de 350 mètres à 700 mètres. Certaines zones de villégiature et récréoforestières, comme les lacs Lindsay, Wallace et Lyster ainsi que Forêt Hereford, ainsi que cinq milieux humides, comme le marais de la Meder à Coaticook, seront exclus des sites où la construction de telles structures sera permise.

Ses mesures font que seulement 10 % du territoire de la MRC de Coaticook (8 % en zone urbaine et 12 % en zone agricole) peut accueillir un projet éolien, alors qu’avant, cette statistique se chiffrait à 20 %.

Il est à noter que le RCI devrait être adopté le 21 octobre prochain. Toute construction possible d’éoliennes en zone agricole devra également recevoir l’aval de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), a-t-on appris.

La directrice de l’aménagement, Marie-Claude Bernard, le directeur général Kévin Roy et l’aménagiste Timothé Breton, tous trois de la MRC de Coaticook, ont pris la parole lors de l’événement. Lionel Lux (Fédération québécoise des municipalités), Kathia Lavoie (Hydro-Québec), Guy Parenteau (ministère de l’Environnement) et Anaïs Féret (Santé Québec Estrie) ont aussi répondu aux questions du public. (Photo Le Progrès de Coaticook – Vincent Cliche)

INTERROGATIONS ET INQUIÉTUDES

En lien avec les distances différentes entre les milieux urbain et rural, une citoyenne a demandé « si la qualité de vie d’une personne vivant en campagne valait moins que celle d’un citoyen en ville? ». Les experts présents ont rappelé que les bruits émis par les structures ne devraient dépasser les 40 décibels, peu importe la distance où ils sont captés.

Combien y aura-t-il d’éoliennes au total sur le territoire? Sans être bien précis, le chiffre de « moins de 100 » a été évoqué, ce qui a fait murmurer de surprise bien des gens dans la salle.

Serge Desjarlais a demandé pourquoi certains élus refusaient de divulguer certaines informations. « Ils doivent répondre à plus de 19 000 citoyens et dire ce qu’ils savent », a-t-il martelé. Le directeur général de la MRC de Coaticook, Kévin Roy, a répondu que la MRC et ses maires ont en effet signé des ententes de confidentialité avec le promoteur Innergex. « Comme dans n’importe quel projet de développement économique, il y a certaines données stratégiques qui ne peuvent être communiquées. Il y aussi tout cet aspect de concurrence. On doit avoir un certain droit de réserve. »

Ex-entrepreneure, Caroline Roy a posé des questions sur les impacts financiers du projet. « Quand on sait qu’une éolienne peut coûter 22 millions de dollars et qu’il faut aussi prévoir un million pour son démantèlement, est-ce un gros risque qu’on est en train de prendre? »

Il a été possible d’apprendre que la région de Coaticook a été choisie notamment en raison de sa proximité à un réseau de distribution. Toutes les structures de collection et de raccordement au réseau seront souterraines, a mentionné Kathia Lavoie, d’Hydro-Québec.

L’un des derniers intervenants a demandé à ce que la séance de questions soit prolongée, chose qui lui a été refusée par les organisateurs souhaitant s’en tenir à l’horaire établi.

« ON EST ICI POUR APPRENDRE »

Le préfet de la MRC de Coaticook, Simon Madore, a apprécié cette soirée d’information. « Élus ou citoyens, je pense qu’on est tous ici pour apprendre, mentionne celui qui est également maire de Coaticook, l’une des municipalités qui pourraient recevoir des éoliennes sur son territoire. Les échanges sont demeurés polis et les kiosques ont été consultés par les gens présents. »

Au final, le préfet souligne que la MRC « est là pour le développement de nos municipalités, y compris le monde agricole ». Il est peut-être trop tôt pour dire si certaines préoccupations viendront changer quoi que ce soit dans le règlement de contrôle intérimaire. « On va regarder ce qui a été au dit. Je pense que le travail a été bien fait en amont. Oui, il y a des MRC qui sont moins permissives, beaucoup d’autres le sont davantage. On a fait un amalgame de tout ça. Ce qu’on a présenté, c’est ce qu’on pense qui est bon pour notre région », fait savoir M. Madore.

DEUX AUTRES RENCONTRES D’INFORMATION

Deux autres rencontres en lien avec la filière éolienne auront lieu au cours des prochains jours.

D’abord, l’entreprise Innergex tiendra une « portes ouvertes » le 22 octobre prochain dans le but de présenter la progression de son projet dans la région, qui prévoit l’implantation d’éoliennes à Coaticook, Dixville et Saint-Herménégilde. L’événement, qui prendra la forme d’une exposition en continu, aura lieu à la salle L’Épervier, de 15 h à 20 h.

De son côté, le comité citoyen « Pour un choix éclairé dans la région de Coaticook » tiendra sa soirée d’information le 9 octobre prochain, à la salle L’Épervier. Lors de celle-ci, l’analyste senior dans le secteur de l’énergie, Jean-François Blain, fera part de son expertise sur les besoins énergétiques de la province. Son collègue et chercheur associé à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques, Krystof Beaucaire, présentera quant à lui les résultats de sa recherche sur l’énergie éolienne au Québec. La rencontre débutera à 19 h.