La «crise du centre-ville» gérée par un ex-militaire

L’ex-militaire Luc Marcoux a géré bon nombre de crises durant sa carrière, dont au Liban, en Israël ainsi qu’à Montréal durant la crise d’octobre. Cependant, il était bien loin de se douter qu’il vivrait une telle situation dans son propre patelin.

En novembre dernier, le conseiller municipal coaticookois a obtenu la confiance de la population pour un second mandat. Depuis ce temps, il agit également à titre de maire suppléant, en l’absence du premier magistrat. À peine un mois avant qu’il ne passe le flambeau à un autre collègue, une inondation frappe le centre-ville. «Qui aurait pu se douter que cet acte naturel s’abattrait sur notre municipalité? Il a fallu réagir en conséquences et c’est ce qu’on s’est efforcé de faire», raconte M. Marcoux.

Ses expériences passées lui ont permis de mieux gérer la situation, croit-il. «Une crise, ce n’est jamais facile à vivre. J’en ai vécu plusieurs, et, souvent, dans des endroits peu sécuritaires, où il y avait de la souffrance humaine. Mais, peu importe l’endroit, il y a toujours une structure à mettre en place pour bien gérer. Et c’est ce qu’on a fait, ici, à Coaticook. Grâce à mes 36 années au sein de l’armée, je pense avoir acquis un bagage de connaissances qui m’ont aidé à passer à travers ces derniers jours.»

Contrairement à ses missions passées, le fait de connaître personnellement les gens à qui il vient en aide a été des plus difficiles pour le maire suppléant. «Évidemment, ça me touche énormément. Je suis une personne très émotive. Mais, quand vient le temps de prendre des décisions, il faut être capable de dissocier les émotions des responsabilités à prendre.»

«Il y a toujours eu certaines rivalités entre le secteur Nord, d’où je suis originaire, et les gens de la ville, rajoute-t-il. C’était un genre de compétition amicale. Cette rivalité, aujourd’hui, n’a plus de sens. Je crois que nous sommes tous des Coaticookois.»

Les premiers mois du deuxième mandat de Luc Marcoux auront été difficiles. «Ç’aura été un travail intensif. On va réussir à passer à travers.» Cette gouvernance donnera-t-elle le goût au politicien de briguer les suffrages à titre de maire dans plus de trois ans? «Je pense qu’on va prendre le temps d’y réfléchir. Il est encore trop tôt pour se prononcer là-dessus», souligne l’homme qui soulignera bientôt son 65e anniversaire.