Jeunes en milieu de travail: il faut bien les intégrer, dit le DG du CJE de Coaticook

Par Vincent Cliche
Jeunes en milieu de travail: il faut bien les intégrer, dit le DG du CJE de Coaticook
Le directeur général du Carrefour jeunesse emploi de la MRC de Coaticook, Steve Proulx, croit que les jeunes travailleurs et leurs patrons ont du travail à faire afin d'éviter un clash entre les générations. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

ÉCONOMIE. Est-il si difficile d’intégrer les jeunes au marché du travail? Un clash des générations s’installe petit à petit et les deux côtés devront se parler, dit le directeur général du Carrefour jeunesse emploi de la MRC de Coaticook, Steve Proulx.

Les jeunes au travail ne sont pas fiables: mythe ou réalité? «Il faut faire attention de ne pas basculer dans la généralisation», dit d’entrée de jeu M. Proulx.

«Les employeurs et les patrons sont souvent âgés dans la quarantaine, cinquantaine ou alors dans la soixantaine. Pour eux, le travail a toujours été la principale façon de se valoriser. Ils y ont accordé beaucoup de temps. De nos jours, le travail est une chose parmi tant d’autres pour aider le jeune à se valoriser. Ce qui est important pour lui, c’est son bien-être. Et ça, ça mène à un clash entre les générations.»

Dans cet affrontement, il ne faut pas tout mettre sur le dos des jeunes, prévient le directeur général. «Cette génération a été encadrée, quasi surprotégée. Quand on rentre les jeunes en milieu de travail, on leur dit go, vas-y. Ils n’ont pas été habitués à ça. Ils sont déboussolés. Ils veulent comprendre, être accompagnés. Il va falloir faire du jumelage, du parrainage pour les intégrer. C’est ça la nouvelle réalité. Il faudra trouver du temps aussi pour ça.»

De belles histoires, il y en a, rassure Steve Proulx. «Il y a plein de jeunes qui sont prêts et qui ont le goût de travailler. Au niveau des valeurs, il faut juste s’asseoir avec eux et leur expliquer le rôle qu’on veut qu’ils jouent. Il faut se rejoindre.»

À l’inverse, il y a des histoires d’horreur. Notons que 70 % des mises à pied s’expliquent par des problèmes de comportement. «On voit souvent des jeunes qui quittent leur poste en plein quart de travail ou qui ne se présentent pas le lendemain d’une brosse. C’est impardonnable. Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, ils se disent que ce n’est pas grave et qu’ils pourront trouver du travail ailleurs. Par contre, ce n’est pas en changeant de boulot qu’ils régleront leurs problèmes. Eux aussi devront se responsabiliser.»

Et c’est ce que tente de faire le Carrefour jeunesse emploi de la MRC de Coaticook. Au cours de la dernière année, un peu plus de 250 jeunes de 18 à 35 ans ont eu recours aux différents services de l’organisme. «On touche à l’entrepreneuriat, le bénévolat, le volontariat, la persévérance scolaire ainsi que la recherche d’emplois, note le directeur général. On travaille à différents niveaux. Autant il y en a qui n’ont besoin que d’une mise à jour dans leur CV que d’autres ont besoin d’un réel encadrement. On devient ainsi des coachs de vie.»

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