Fin du PEQ: «On ne peut pas se permettre de perdre ces talents», dénoncent des membres de la Chambre de commerce de Coaticook

ÉCONOMIE. La Chambre de commerce et d’industrie de la région de Coaticook (CCIRC) apporte son appui à la mobilisation citoyenne et entrepreneuriale réclamant l’instauration d’une clause grand-père pour les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants internationaux déjà établis au Québec, sous l’ancien Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

L’organisme joint donc sa voix à plusieurs regroupements, dont celles de l’Alliance de la main-d’œuvre étrangère, la Fédération des chambres de commerce du Québec, le Conseil du patronat du Québec et Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

“En tant que membre [de la FCCQ] et [faisant partie] d’une région mixte et dynamique, nous constatons quotidiennement que la vitalité de nos entreprises et de nos services de proximité repose sur l’apport de ces Estriens d’adoption. Qu’il s’agisse de nos agriculteurs ou de nos créateurs agroalimentaires, de nos commerces locaux, de notre secteur touristique rassemblant restaurateurs et hôteliers, nos manufacturiers diversifiés; ces travailleurs et diplômés sont déjà francisés, intégrés et enracinés dans nos communautés. Ils apportent à nos membres d’entreprises territoriales l’équilibre nécessaire à la vitalité de notre tissu économique”, fait savoir la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de la région de Coaticook, Cynthia Corbeil, par voie de communiqué.

L’organisme demande également la mise en place d’une clause de droits acquis, des mesures transitoires claires et flexibles permettant aux entreprises de conserver les travailleurs étrangers déjà en poste, le rétablissement du processus de traitement simplifié, une meilleure coordination entre Ottawa et Québec ainsi que des solutions réellement adaptées aux besoins des PME québécoises.

“L’abolition soudaine des règles sous lesquelles ils ont choisi de s’établir chez nous, les promesses qui ont mené aux missions de recrutement à l’étranger, crée une rupture du contrat moral entre l’État et ces Québécois d’adoption. Pour nos régions, cela représente une perte de talents qualifiés au moment même où la pénurie de main-d’œuvre est une menace pour plusieurs de nos piliers économiques”, rajoute Mme Corbeil.

“Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ces talents qui ont choisi de faire de la MRC de Coaticook leur terre d’accueil et de contribuer au maintien et à la prospérité de nos entreprises territoriales”, avance le propriétaire du supermarché IGA Coaticook et administrateur à la CCIRC, Dominic Arsenault.

“La vision du Québec sur l’autonomie alimentaire sera compromise si les gouvernements ne reviennent pas sur leurs décisions”, mentionne pour sa part Véronique Fontaine, la propriétaire de la ferme piscicole des Bobines, une entreprise située à East Hereford.