Entente sur les tiers pays sûrs: la MRC de Coaticook partenaire d’une recherche sur les demandes d’asile

COATICOOK. En collaboration avec la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke et Mitacs, la MRC de Coaticook soutiendra une nouvelle recherche de terrain sur les effets concrets de l’Entente sur les tiers pays sûrs, les impacts humains et les enjeux liés à la sécurité de notre région frontalière.

Le doctorant Jean-Pierre Ayena, sous la supervision des professeures Hélène Mayrand, de l’Université de Sherbrooke, et Delphine Nakache, de l’Université d’Ottawa, pilotera cette initiative.

L’expertise du doctorant permettra de faire le pont entre les connaissances universitaires en droit et la réalité des personnes sur le terrain.»

Hélène Mayrand, professeure à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke

Ce qu’il faut d’abord comprendre de l’Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS), c’est ce que celle-ci oblige les personnes migrantes à demander l’asile dans le premier pays où elles arrivent et qu’elles sont renvoyées vers ce premier pays si elles tentent de traverser la frontière.

Avant 2023, les entrées irrégulières, c’est-à-dire les personnes qui ne se présentent pas à un poste frontalier officiel, étaient concentrées au chemin Roxham. Depuis ce temps, elles se font tout au long de la frontière, incluant la zone frontalière de la MRC de Coaticook. Celles-ci apportent certaines craintes auprès de la population, sans compter les pressions sur les ressources communautaires et les services publics du milieu. “Le projet documentera ces impacts et aidera la population, les représentants des groupes communautaires et les élus à y voir plus clair sur ces enjeux et de mieux connaître le droit qui encadre les migrations”, explique-t-on par voie de communiqué.

“8 des 12 municipalités de la MRC de Coaticook sont confrontées à des passages irréguliers en raison de leur proximité avec la frontière. Grâce au soutien reçu, je peux mener une recherche doctorale en profondeur pour mieux comprendre ces enjeux et proposer des pistes d’action adaptées”, explique le doctorant Jean-Pierre Ayena. Ce dernier a d’ailleurs eu l’idée de lancer cette étude après avoir entendu le maire de Coaticook faire une sortie à ce sujet.

Dans cette perspective, le projet documentera à la fois les impacts humanitaires, tels que l’hébergement d’urgence, la santé, l’aide alimentaire et le soutien social, ainsi que les enjeux de sécurité au quotidien, notamment la surveillance accrue, la mobilisation des acteurs locaux et comment la population, les intervenants et les élus de la MRC perçoivent ces enjeux.

La mairesse d’East Hereford, Anick Nadia Gauthier, aperçoit cette réalité de passages irréguliers relativement fréquemment dans son milieu. “On ne voit pas nécessairement le “pendant”, mais plutôt les répercussions, comme certaines portes mal clenchées ou bien des chandails qui disparaissent. On voit parfois la “border patrol” faire des recherches avec des lampes de poche. Toutefois, la population ne s’en inquiète pas. Les gens se rendent compte que ce ne sont pas des criminels. Ce sont simplement des gens qui veulent une meilleure vie. Il faut avoir une ouverture d’esprit et une acceptation.”

La MRC dit quant à elle être fière de s’associer à ce projet de recherche qui permettra de mieux comprendre les enjeux liés aux passages irréguliers, lesquels touchent directement plusieurs de nos municipalités. “Il est de notre responsabilité de nous appuyer sur des données rigoureuses afin d’orienter nos actions de manière structurée, efficace et respectueuse des personnes migrantes. Des séances d’information seront également offertes à la population afin de favoriser une meilleure compréhension de cette réalité sur notre territoire”, précise le préfet de la MRC de Coaticook, Simon Madore.  

Le projet bénéficie d’un financement de 135 000 $ du programme Accélération de Mitacs pour trois ans, grâce au soutien du Fonds Neil and Louise Tillotson, de la New Hampshire Charitable Foundation et de la MRC de Coaticook.