Coaticook: les producteurs gardent le moral malgré un été des plus difficiles

AGRICULTURE. Pluies abondantes. Gels tardifs. Disons que Dame nature n’a pas été des plus clémentes avec les producteurs maraîchers et de petits fruits de la région cet été. Malgré tout, on ne perd pas le moral. Tour d’horizon de ce qui se passe dans les champs de la région de Coaticook.

« Ce ne sera pas une année extraordinaire, avoue la copropriétaire des Vallons maraîchers, Josée Gaudet. On l’a su dès le départ que nos récoltes ne seraient pas aussi abondantes. Au printemps, les asperges ont gelé. Les températures froides ont aussi eu raison de 60 % de notre production de bleuets. C’est vraiment dommage, car nous avions ouvert notre bleuetière au public l’an dernier. »

Heureusement, les cultures de cette entreprise de Compton sont des plus diversifiées. « Mon moral ne serait pas aussi bon si on n’avait que deux ou trois cultures, rajoute Mme Gaudet. On a la chance d’avoir plusieurs types de productions et de sols, dont certains apprécient quand même la grande quantité d’eau. »

Parlant des pluies abondantes, l’autre copropriétaire des Vallons maraîchers, Jacques Blain, a dû user d’ingéniosité afin de drainer une partie de ses champs il y a quelques jours à peine. « Il a fallu se promener en tracteur à travers les champs, en sens opposé, pour faire des rigoles et que l’eau puisse s’écouler. Si elle était restée là, ç’aurait fait pourrir nos légumes », admet-il.

À WATERVILLE

Constat similaire du côté de la ferme Wera, à Waterville. La saison des fraises a même dû être écourtée d’une semaine en raison des grandes quantités de pluie reçues. « Les champs ont tout de même tenu bon, explique pourtant la copropriétaire de l’endroit, Karine Choinière. Le dernier coup d’eau a été de trop. Les fraises ne goûtaient plus bon. On a donc pris la décision de tout arrêter. On voulait que les gens se souviennent des bonnes fraises qu’ils ont mangées et non celles des dernières récoltes. »

Si les fèves et les concombres ont subi les aléas de Dame nature à Waterville, le maïs sucré, lui, devrait connaître une bonne saison. « On a un peu de retard, mais je pense bien qu’on va s’en tirer. »

Également propriétaire de la bleuetière du Plateau à Coaticook, Mme Chonière souligne que les récoltes de ce petit fruit bleu vont bon train. « Je n’ai pas à me plaindre à ce sujet. On se croise juste les doigts pour qu’on termine bien la saison. »

« PAS TOUS LES LÉGUMES DÉTESTENT L’EAU ABONDANTE »

Ce ne sont pas tous les légumes qui ont détesté avoir de l’eau en grande quantité, estime pour sa part la copropriétaire de la Vallée des grands potagers à Compton, Julie Drouin. « Si on regarde nos courgettes et nos concombres, on en aura en très grandes quantités cette année. Même chose pour les petites fèves. Ce qui est drôle pourtant, c’est qu’on les avait plantées pour étaler la récolte et elles sont toutes sorties en même temps. C’est maintenant le temps d’en profiter, car dans quelques semaines, il n’y en aura plus. »

Les pertes sont malheureusement « considérables » au niveau des fraises dans ces champs situés le long de la route 147, à Compton. « On met beaucoup d’espoir sur la fraise d’automne pour relancer la saison. Elle devrait arriver à la mi-août. On l’a testée l’an dernier et on a écouté les recommandations de nos agronomes pour avoir une bonne récolte. »

Le maïs et l’ail arrivent ces jours-ci au kiosque de la Vallée des grands potagers. « C’est vraiment plaisant pouvoir parler aux gens. Ils sont nombreux à s’arrêter nous voir. Et ce qui est intéressant aussi de voir, c’est leur compréhension face à notre situation. Eux aussi n’ont pas eu de bons résultats avec leurs jardins. Il y a donc beaucoup de compréhension », conclut Mme Drouin.