«C’était la suite logique des choses de retenter ma chance», dit Sylvie Tanguay

PARTI QUÉBÉCOIS. En 2022, Sylvie Tanguay se présentait comme candidate du Parti québécois dans Saint-François. Elle l’a fait par conviction, même si ses chances de l’emporter étaient bien minces. Le portrait est aujourd’hui bien différent de celui d’il y a quatre ans.

« À ma première campagne, je me souviens très bien que les gens me disaient bonne chance. Ils me trouvaient courageuse. Il y en a même qui disaient que je faisais ça pour rien. »

Terminer en 4e position avec seulement 9 % des voix aurait pu en décourager plus d’un de se présenter à nouveau. Sylvie Tanguay ne tombe pas dans cette catégorie. « J’ai adoré cette expérience qui m’a permis de sortir de ma zone de confort, relate celle qui se décrit comme une personne assez réservée. Je voulais poursuivre et c’est ce que j’ai fait au cours des dernières années. J’ai continué de défendre les gens à mon travail [elle est assistante-infirmière cheffe au département de pédiatrie du CIUSSS de l’Estrie – CHUS]. C’était simplement la suite logique des choses de retenter ma chance. »

PRIORITÉ À LA SANTÉ

Parmi les priorités qu’elle met de l’avant durant cette campagne, on retrouve la santé. « Un gouvernement doit être capable de bien soigner son monde, philosophe-t-elle. En ce moment, il n’en est pas capable. Il y a quatre ans, je disais que si on ne faisait rien pour améliorer les choses, on allait foncer dans un mur. Là, on est plus que dans le mur. On l’a fissuré, on l’a cassé. »

Afin d’offrir une meilleure accessibilité aux citoyens, la candidate dans Saint-François propose, à l’image de son parti, de faire des CLSC une porte d’entrée au système. « Ce sont plus de 150 millions de dollars qu’on souhaite investir dans un premier mandat. Il est possible de désengorger nos urgences et d’amener des gens avec des problématiques mineures vers un autre endroit. Les CLSC sont là. Ils ont des infirmières, des ergothérapeutes, des physiothérapeutes, des travailleurs sociaux. Il faut savoir que la santé, c’est plus vaste qu’une consultation chez un médecin », remarque-t-elle.

Bien évidemment, durant ses rencontres sur le terrain, les citoyens l’interrogent sur le coût de la vie et l’accessibilité à des logements abordables. « Se nourrir et se loger, c’est la base. Ça prend ça pour nous sécuriser comme êtres humains. « 

Mme Tanguay aimerait également aider davantage les producteurs de la région. « Il faut mettre de l’avant leurs productions. Je ne comprends pas pourquoi on retrouve des fruits d’autres pays en pleine saison, alors que nos vergers regorgent de pommes d’ici. Il faut revoir nos chaînes alimentaires, s’approvisionner davantage chez nous. »

QUESTION RÉFÉRENDAIRE

Souverainiste convaincue, Sylvie Tanguay ne cache pas l’engagement de sa formation politique de tenir un référendum d’ici la fin d’un premier mandat du Parti québécois. « On a été capable de rassurer les gens en disant que ce sera davantage vers 2029, le temps que l’économie se place et de voir ce qui va se passer avec notre voisin, au Sud. Entre temps, reconstruisons le navire, qui est en train de couler et donnons-lui des structures solides. »

Mère d’une fille et grand-mère de cinq petits-enfants, la candidate du Parti québécois sait très bien que sa vie pourrait changer le 5 octobre prochain. « Il y a quatre ans, dans le rationnel, je savais très bien que j’allais retourner à mon travail. Aujourd’hui, j’ai des chances de devenir la prochaine députée de Saint-François. Je suis prête à répondre présente pour les gens du comté », lance celle qui est aussi adepte de théâtre et de soccer.