Cabico se prépare au départ d’une cinquantaine de travailleurs étrangers

ÉCONOMIE. Si aucun moratoire n’est apporté dans le dossier des travailleurs étrangers temporaires et que Québec sonne la fin du Programme de l’expérience québécoise, Cabico devra se préparer au départ d’une cinquantaine de ses travailleurs.

“Malgré des représentations soutenues auprès des instances gouvernementales, aucun allègement, aucune mesure transitoire ni nouvelle positive n’ont été confirmés à ce jour”, fait savoir l’entreprise par voie de communiqué.

Sans changement législatif, ce sont donc 50 travailleurs étrangers temporaires, actuellement à l’emploi de Cabico, qui devront quitter le pays cette année, dont onze dès mars. Cabico indique que ces employés intégrés et formés représentent un apport essentiel à ses opérations. “Ces personnes contribuent à notre succès, à notre stabilité et à notre croissance dans un contexte de rareté de main-d’œuvre. Leur départ forcé nous touche profondément et viendra freiner notre croissance future”, souligne la vice-présidente Talent et Culture de Cabico, Annick Boulanger.

DES DÉPARTS QUI CAUSERONT UNE BAISSE DE CAPACITÉ

Aux dires de l’entreprise, ces départs entraîneront une baisse de capacité, alors que le marché dans lequel Cabico évolue offre des perspectives de croissance intéressantes au cours des cinq prochaines années.

Les indicateurs laissent d’ailleurs entrevoir une reprise dès le printemps, prévoient les dirigeants. La perte de ces travailleurs préoccupe l’organisation dans sa capacité à soutenir cette possible augmentation des commandes. Ce départ forcé est donc contradictoire, souligne-t-on.

Le contexte exige une conciliation rigoureuse afin d’assurer la continuité  des opérations. “Nous n’avons jamais compté uniquement sur les travailleurs étrangers temporaires pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre, explique le président de Cabico, Pierre Huard. Nous investissons continuellement pour améliorer nos conditions, automatiser nos opérations et demeurer un employeur de choix. Près de 30 millions de dollars ont été investis dans l’usine de Coaticook dans les dernières années pour soutenir une vision de croissance ambitieuse, une trajectoire que l’entreprise poursuit, malgré ce contexte où plusieurs défis se croisent.”

“Le départ d’autant de collègues dans une si courte période appelle à une organisation attentive afin d’assurer la continuité des opérations, poursuit M. Huard. Nous devons protéger l’entreprise et amorcer dès maintenant le recrutement et la formation de la relève pour limiter l’impact sur notre efficacité.”

“La réalité du marché demeure difficile : la main-d’œuvre qualifiée est rare et le temps de formation est un enjeu. Attendre serait irresponsable”, mentionne Annick Boulanger.

De concert avec le milieu et différents partenaires, Cabico dit poursuivre les démarches auprès des gouvernements afin de trouver une solution. “Les représentations se poursuivent et l’entreprise continuera de défendre activement cette cause”, fait-on savoir.