Après une vie d’engagement, Michel Belzil tire sa révérence
COATICOOK. Après des décennies à porter plusieurs chapeaux, dont ceux de maire de Barnston-Ouest, préfet de la MRC de Coaticook, président de la Fédération des municipalités du Québec (FQM) et directeur général de la Coopérative funéraire de la région de Coaticook, Michel Belzil tourne la page. L’homme a décidé de prendre sa retraite, laissant derrière lui un parcours ancré au service de sa communauté.
“J’ai eu plusieurs rôles tout au long de ma carrière, reconnaît le principal intéressé. Je les ai tous appréciés. Ce qui me motivait, ç’a toujours été de répondre aux besoins des gens, d’être attentionné et d’être à leur écoute, peu importe la fonction que j’exerçais.”
Si plusieurs se souviennent de lui à titre d’élu, c’est plutôt comme directeur général de la Coopérative funéraire de la région de Coaticook qu’il s’est engagé au cours des dernières années. Les 17 dernières années, pour être exact. “Jamais je n’aurais pensé être demeuré là aussi longtemps, songe celui qui est entré en poste le 8 décembre 2008. À l’époque, je me rappelle, je me disais que j’allais faire ça une ou deux années pour me changer les idées. Finalement, quand Jacinthe Fecteau a quitté [elle occupe dorénavant le poste de directrice au CPE L’Enfantillage], je me suis mis à rencontrer les familles. J’ai vraiment apprécié mon travail d’accompagnement, de soutien.”
DES DEMANDES QUI SORTENT DE L’ORDINAIRE
Être à l’écoute des familles endeuillées, ça veut aussi dire se plier à des demandes qui sortent parfois de l’ordinaire.
“Il y avait des gens qui souhaitaient être exposés à la maison, mais sans embaumement, note-t-il. La loi est très stricte dans ces cas. On ne peut pas présenter un corps au public, passé un délai de 24 heures de la date du décès. Dans certaines circonstances, il a fallu faire vite.”
“Je me rappelle aussi d’une cérémonie où nous avons fait entrer une moto dans la salle d’exposition, poursuit M. Belzil. Ça prenait beaucoup de place. On nous avait même demandé s’il était possible de la faire vrombir à l’intérieur. Ç’a plutôt été fait à l’extérieur, tout près de la rue Chelsey.”
Lors d’une autre cérémonie, la salle de la coopérative s’est transformée aux couleurs du groupe rock Kiss, l’un des bands préférés d’un défunt.
L’ex-directeur général de la Coopérative funéraire de la région de Coaticook a vu ce monde évoluer au cours des dernières années. “On s’adapte de plus en plus aux demandes des familles et c’est ce qui fait que les cérémonies sont à l’image de la personne décédée”, laisse-t-il entendre.
“J’observe aussi que les familles sont de moins en moins nombreuses. Les grands rassemblements, il y en aura encore pendant quelque temps, mais ça va s’estomper. Les gens délaissent également les cérémonies à l’église.”
“J’AURAIS PU CONTINUER”
Même s’il a décidé de prendre sa retraite, l’homme de 74 ans dit encore avoir de l’énergie. “J’aurais pu continuer, même si ça commençait à être un petit peu plus difficile en fin de journée. J’ai arrêté parce que je me considérais encore en santé. Si je souhaite réaliser certains projets à la retraite, ça prend la forme.”
Il faut aussi dire que son épouse, Christiane, lui dit de ralentir depuis un p’tit moment.
Chose certaine, il ne s’ennuiera pas. “J’ai six enfants et dix petits-enfants. Je vais leur accorder du temps. Je veux aussi me mettre en forme et faire un peu plus d’exercice. Je ne suis peut-être pas un grand voyageur, mais je veux quand même faire quelques petites excursions de pêche en Abitibi. Et j’ai des plans aussi pour faire des petites rénovations à la maison.”
“Je vais prendre la vie de la manière qu’elle se présentera à moi”, conclut le nouveau retraité.
