Après six décennies au Collège François-Delaplace, les religieuses disent au revoir

WATERVILLE. Le Collège François-Delaplace s’apprête à dire au revoir aux religieuses du Saint-Cœur-de-Marie, qui ont contribué à écrire une partie de son histoire. Après plus de six décennies de présence, au cours desquelles elles ont notamment enseigné et dirigé l’établissement, elles quitteront leur milieu de vie au cours des prochaines semaines.

Dans le corridor de l’étage que sœurs Thérèse Bourque, Édith Nadeau, Alice Allaire et Germaine Hamel occupent, quelques boîtes s’empilent. À l’intérieur, des items soigneusement rangés qui leur rappellent des souvenirs irremplaçables.

L’une d’entre elles se rappelle d’ailleurs son arrivée à Waterville, en septembre 1964. “Le collège était alors en construction, lance Thérèse Bourque. Je me souviens, il y avait encore du sable dans les dortoirs à cause des travaux. Les portes des toilettes étaient faites en coton. Nous n’avions pas non plus de rideaux accrochés à nos fenêtres. C’était rudimentaire, mais on y était bien.”

Sa collègue, Alice Allaire, a fait son entrée au Collège François-Delaplace près d’une décennie plus tard, en 1972. À l’époque, on lui avait offert un poste d’enseignante de musique. “Dans mes premières années, il y avait beaucoup d’élèves, raconte celle dont le parcours de titulaire de ces groupes s’est arrêté au moment de la pandémie, en 2020. Elles étaient plus de 200 [le Collège François-Delaplace a toujours été un établissement d’enseignement exclusivement féminin]. Le plus beau souvenir que je retiens, c’est d’avoir vu les jeunes évoluer. Elles aimaient vraiment cet art. Elles étaient aussi heureuses. Lorsqu’elles apprenaient une pièce et qu’elles la réussissaient, elles développaient leur estime de soi.”

Les pensionnaires du Collège ne retrouvaient pas Sœur Germaine Hamel dans les classes, mais plutôt aux cuisines. “Je pense que tout le monde aimait mes recettes, rigole celle qui dit très bien se débrouiller aux commandes des fourneaux. Ça arrivait souvent qu’on me demande mes recettes. Je dois avoir retranscrit celle de ma fameuse soupe aux pois ou encore de mon gâteau aux Smarties plusieurs fois.”

DES ÉCHANGES PRÉCIEUX

Édith Nadeau a joint ses consœurs vers le milieu des années 2000. Même si son passage à l’établissement de Waterville a été plus court, cela ne lui empêche pas d’avoir, elle aussi, de beaux souvenirs. “C’est certain qu’au cours des dernières années, on n’était moins présente dans les classes. On assurait davantage une présence dans le milieu. Ce que j’adorais, c’était d’échanger avec les jeunes filles, parler avec les gens de cette communauté. Ça donnait toujours lieu à des échanges bien précieux.”

Au fil du temps, plusieurs membres de la congrégation des Servantes du Saint-Cœur-de-Marie ont vécu la transition entre l’enseignement prodigué par les religieuses, puis par des professeurs laïques. “Je ne dirais pas qu’il y a eu une cassure, relate Thérèse Bourque, qui a dirigé le Collège dans les années 1970. On était tous une belle et grande famille. À mes yeux, il n’y avait pas de différence. Tout le monde ici véhiculait nos valeurs, celles du respect, de l’ouverture et de la simplicité.”

DÉPART POUR QUÉBEC

Dans quelques semaines, sœurs Thérèse, Édith, Alice et Germaine franchiront une dernière fois la porte du Collège François-Delaplace pour aller rejoindre leurs collègues de leur congrégation à Québec.

“Nous avons décidé de quitter puisque nous sommes encore capables d’être actives. Je crois que c’est une sage décision”, philosophe Germaine.

“C’est sûr qu’on le fait avec un petit pincement au cœur. On ne quitte pas un milieu dans lequel on est bien sans verser une petite larme. Mais nous demeurons toutes sereines dans la décision que nous avons prises ensemble”, renchérit Alice.

“Je ne conserverai que de bons souvenirs d’ici. Le meilleur reste encore à venir, puisque je ferai mon propre bonheur”, conclut Thérèse.

Le Collège François-Delaplace rendra hommage à ce quatuor de religieuses lors d’une célébration, qui aura lieu le 7 août prochain.