À trois ans, Zoée livre déjà le combat de sa vie contre le cancer
-SAINT-HERMÉNÉGILDE. Main dans la main, la petite Zoée et sa mère Jessie Mégré avancent dans un combat dont elles se seraient bien passées. À trois ans, la petite lutte contre un neuroblastome à haut risque, tandis que ses parents déploient toute leur énergie pour l’accompagner, un traitement et un jour à la fois.
Tout a commencé pour cette petite famille de Saint-Herménégilde il y a un an. “On a remarqué que notre fille avait de la difficulté à marcher, relate la maman. On a donc consulté pour en avoir le cœur net. Ç’a été un peu long, mais on a finalement passé une IRM [imagerie par résonnance magnétique] en décembre dernier. On n’était pas là pour un cancer, mais bien pour voir s’il y avait une problématique avec sa colonne vertébrale. C’est là que les médecins ont fait une découverte fortuite, une masse au niveau surrénal.”
“À ce moment-là, elle était vraiment localisée. Le personnel médical a pris la décision de l’enlever. Ç’a été une grosse chirurgie, qui nous a demandé d’être souvent à l’hôpital.”
L’opération se passe bien et la masse est retirée. Les parents poussent ainsi un énorme soupir de soulagement.
Quelques mois plus tard, une mauvaise nouvelle frappe une fois de plus le clan. “En avril, on nous a annoncé que le cancer était revenu, malgré le fait qu’on nous ait dit que les chances de récidive soient très minimes”, raconte Mme Mégré.
“Ç’a été tout un choc à encaisser, poursuit celle qui peut compter sur son conjoint Christopher Buzzell dans cette épreuve. Je pense que c’est le pire cauchemar auquel un parent peut être confronté. Ma fille, c’est mon petit trésor. Un enfant ne devrait pas avoir à vivre ce que Zoée vit en ce moment.”
Depuis le retour de ce cancer infantile, un neuroblastome à haut risque, Zoée voyage quotidiennement vers Sherbrooke et Montréal où elle reçoit de nombreux traitements de chimiothérapie, de radiothérapie, d’immunothérapie et plusieurs transfusions sanguines.
UNE VAGUE D’AMOUR EN CES TEMPS DIFFICILES
Pour passer à travers cette dure épreuve, les Buzzell-Mégré peuvent compter sur un noyau familial fort, à commencer par Owen, le grand frère de Zoée. Durant l’entrevue qu’a accordée sa maman au Progrès de Coaticook, le garçon de cinq ans a remarqué que le nez de sa petite sœur coulait. Il s’est vite empressé d’aller chercher un mouchoir pour l’essuyer. Un geste rempli d’amour, qui rend sa mère si fière.
Malgré son jeune âge, il semble comprendre la situation et fait de son mieux pour égayer sa sœur. “Je joue souvent avec elle, explique-t-il. J’essaie juste d’être gentil. Parfois, elle pleure et ne mange pas.”
Depuis l’annonce du cancer de sa fille, Jessie Mégré a dû abandonner la garderie en milieu familial qu’elle gérait, puis du boulot qu’elle occupait à l’entreprise de son conjoint.
Pour aider financièrement la famille, une campagne de sociofinancement sur la plateforme GoFundMe a été lancée. Jusqu’à présent, plus de 25 000 $ ont été recueillis.
“C’est extraordinaire de voir la générosité des gens, résume Mme Mégré. C’est une grosse dose d’amour qu’on reçoit. Vu que je suis sans emploi pour m’occuper de ma fille et que je n’ai pas droit au supplément pour les proches aidants [en raison du nombre d’heures insuffisant lié à son dernier travail], ça va nous aider à payer les dépenses liées aux traitements et aux déplacements.”
Malgré les traitements, les inquiétudes et les journées difficiles, Jessie, Christopher, Owen et Zoée continuent d’avancer, une étape à la fois, portées par l’espoir que ce combat finira par laisser place à des jours meilleurs. “On vit pas mal au jour le jour et on se nourrit de toutes les petites victoires qu’on peut avoir”, philosophe la maman.
