À contre-courant des modèles traditionnels, le Collège Rivier se démarque sur la scène provinciale

ÉDUCATION. Grâce à une approche que l’établissement priorise depuis quelque temps déjà, le Collège Rivier s’est démarqué lors des Prix de l’innovation en éducation de la Fédération des établissements d’enseignement privés, un événement qui s’est tenu le 6 mai dernier.

Le projet “Réinventer l’expérience scolaire en milieu hétérogène”, n’a peut-être pas remporté les grands honneurs de ce concours, mais il a tout de même retenu l’attention du jury, une victoire en soi aux yeux de la directrice générale Mélanie Provençal.

Celui-ci vise à transformer la diversité des profils d’élèves en levier pédagogique plutôt qu’en contrainte.

Lors de sa planification 2023-2027, le Collège Rivier a voulu identifier le profil type de l’élève qui fréquente son établissement. “On s’est vite rendu compte qu’on n’en avait tout simplement pas, souligne Mme Provençal. On a des élèves pensionnaires et externes, des garçons et des filles, des élèves boursiers et d’autres qui proviennent de familles moins nanties. Certains préfèrent les sports, d’autres les arts. On a tout le temps les deux opposés chez nos élèves.”

“Dans notre approche, je pense qu’on est un peu à contre-courant de ce que les autres écoles font, rajoute la directrice générale. On ne met pas tous les élèves d’une concentration toujours ensemble. On leur permet ainsi de s’épanouir et de choisir plus d’un profil. Les jeunes se côtoient donc dans la diversité. Ils se retrouvent avec plein d’élèves qui n’ont pas nécessairement les mêmes intérêts qu’eux.”

Le parcours secondaire est justement l’endroit où s’applique parfaitement cette notion d’hétérogénéité. “Plus tu es exposé à la différence ou à une personne qui n’est pas comme toi, moins tu es dans le jugement et plus c’est facile de comprendre et d’accepter”, juge Mélanie Provençal.

TÉMOIGNAGE D’UNE ÉLÈVE

Erika Tanguay, une élève de 4e secondaire, adore cette façon de faire. “On n’est pas juste ici pour apprendre des formules ou bien de la grammaire, dit-elle. L’école, c’est aussi un milieu de vie. On apprend à vivre avec des personnes qui ont des passions différentes, des pensées différentes. Ça nous amène à grandir et à évoluer. On améliore notre savoir-être.”

Grande passionnée de tout ce qui touche à la culture, elle a ajouté des cours d’arts plastiques à son portfolio. “J’adore peinturer, lance Erika. L’été, je m’achète souvent des toiles pour créer des œuvres. Je trouve ça très intéressant de pouvoir faire la même chose à l’école. Ça me permet de relaxer, de penser à d’autres choses dans ma journée.”

Récemment, elle a ajouté l’art dramatique à son horaire au Collège Rivier. “Jamais je n’aurais pensé prendre des cours de théâtre. Je suis pourtant quelqu’un de très gênée dans la vie, mais je me suis lancée. Interpréter un personnage, ça m’a littéralement sortie de ma zone de confort.”

À l’extérieur de ces cours favoris, Erika croise d’autres élèves. “Il y en a qui sont dans la concentration hockey. Quand on est en cours régulier, on les côtoie. J’ai appris beaucoup sur ce sport. Je ne m’y connaissais pas tant. Maintenant, je peux suivre les matchs des Canadiens ou de la Victoire avec plus d’enthousiasme et de connaissances.”

Cet amalgame se voit également entre les jeunes de différents niveaux. “Quand tu es plus petit, tu aimes bien avoir les grands de secondaire 4 ou 5 être là pour toi. Ça te fait de beaux modèles. Quand le balancier se renverse, c’est tout aussi plaisant de guider ceux qui font leur entrée au secondaire”, croit la directrice générale.

Cette dernière espère que d’autres établissements adopteront son modèle. La transposabilité du projet était d’ailleurs l’un des critères des Prix de l’innovation en éducation.