C’est aussi la saison des poires à Compton

Par Vincent Cliche
C’est aussi la saison des poires à Compton
Le propriétaire du verger Ferland, Martin Ferland, croit que la poire du Québec gagne à être connue. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

COMPTON. En période automnale, on dit souvent que Compton est la capitale de la pomme. Or, un autre fruit, tout aussi délicieux, mais des plus exotiques, y pousse aussi: la poire.

Quand on pense à ce fruit au goût doux et sucré, on pense d’abord à la Chine, qui est d’ailleurs le premier producteur de poires au monde. Il est donc naturel que notre premier réflexe, en tant que consommateur, soit celui de se les procurer en épicerie. «Quand des visiteurs prennent conscience de notre offre et qu’ils voient qu’on fait pousser des poires ici, ils sont réellement surpris et certains ne nous croient même pas», lance souriant le propriétaire du verger Ferland, Martin Ferland.

Pourtant, cela fait maintenant plus de 35 ans que les poiriers côtoient les pommiers de cette entreprise agroalimentaire de Compton. La famille Ferland a commencé à commercialiser ce fruit au cours des années 1980, à la suite d’un gel généralisé des pommiers au Québec. En 1981, on avait recensé des températures de 15 degrés en plein mois de février, assez pour faire bourgeonner les arbres. Les températures avaient ensuite redescendu sous le point de congélation. «On avait perdu l’ensemble de nos pommiers en raison du gel, se souvient M. Ferland. On avait alors décidé de replanter des pommiers, mais aussi des poiriers. On en avait 1200 au départ, ce qui était relativement unique au Québec.»

Le propriétaire du verger Ferland, Martin Ferland

«Au fil du temps, on a réalisé que certaines variétés étaient plus résistantes que d’autres», poursuit M. Ferland. Résultat: les Sauvignac, Bartlett, Beauté flamande et Patten font maintenant partie du paysage du verger. «La Patten, par exemple, vient du Minnesota, un État américain dont le climat ressemble à celui du Québec», explique le propriétaire.

Contrairement à la pomme qui jouit d’une certaine popularité et dont les secrets ne sont plus aussi bien gardés, la poire du Québec doit parfois se frotter à certains mythes. «Les gens s’attendent souvent à cueillir une poire molle, comme on les retrouve à l’épicerie. Ce n’est pas le cas, puisque le fruit mûrit tranquillement dans l’arbre, contrairement au mûrissement dans un camion de transport avant de se retrouver sur les tablettes en épicerie. Quand on les cueille, ici, elles sont croustillantes. Ça prend un peu de temps avant qu’elles ramollissent.»

Autre fait intéressant: les poires se conservent peuvent se conserver quelques mois au frigo, au même titre qu’une pomme.

Même si les poires du Québec ne sont pas aussi connues que les pommes de la province, Martin Ferland reconnaît qu’il y a un réel engouement pour ces fruits. «Je ne fournis pratiquement pas à la demande, avance-t-il. Chaque année, je dois planter de nouveaux arbres pour satisfaire les gens qui sont de plus en plus nombreux à demander des poires.»

Par chance, la récolte de poires s’annonce excellente cette année. «Jusqu’à maintenant, on a environ une fois et demi le nombre de fruits qu’on a récoltés en 2020, qui avait été une année record», fait-il remarquer.

Pour les personnes qui ne pourront mettre la main sur une poire de Compton, sachez que le verger Ferland transforme également ce fruit en jus, moût, beurre ainsi qu’en cidre.

 

Calendrier des récoltes

Bartlett: 11-12 septembre (en kiosque seulement)

Beauté flamande: 18-19 septembre (en kiosque ainsi qu’en autocueillette)

Patte: 25 septembre (en kiosque ainsi qu’en autocueillette)

 

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