La vie en résidence scolaire au Collège François-Delaplace

Par Vincent Cliche
La vie en résidence scolaire au Collège François-Delaplace
Les élèves Janie Bolduc et Léa Richard posent ici en compagnie de la directrice générale du Collège François-Delaplace, Louise Richard, et de la coordonnatrice de la résidence, Alexandra Faucher. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

WATERVILLE. Bien qu’elles soient de moins en moins nombreuses, les écoles secondaires dotées d’une résidence privée pour leurs élèves  réussissent à tirer leur épingle du jeu, et ce, même en temps de pandémie. Incursion au cœur de cette réalité avec deux adolescentes du Collège François-Delaplace, à Waterville.

Léa Richard a passé l’ensemble de son parcours secondaire à titre de pensionnaire dans cet établissement d’enseignement privé. La finissante fait d’abord un parallèle entre la vie à l’école ainsi que celle à la maison. «Ici, c’est comme ma deuxième famille», lance-t-elle.

Telle une élève externe, elle se réveille au son de ses chansons favorites, déjeune, puis se prépare pour le début de ses cours. À la fin de la journée, une heure est bloquée à l’agenda pour les études et l’aide aux devoirs. «Une fois que tout est terminé, on peut monter dans notre chambre, parler avec nos amies. En soirée, on nous organise aussi beaucoup d’activités parascolaires, comme du yoga, du basketball, du volleyball. Côté culturel, on a même des cours de théâtre, d’improvisation et de guitare», énumère Léa.

Contrairement à sa collègue de 5e secondaire qui possède sa chambre privée (tout comme les élèves de 3e, 4 et 5e secondaire), Janie Bolduc passe ses nuits dans un grand dortoir où on dénombre une soixantaine de petites chambrettes, où, pour avoir un brin d’intimité, on ne fait que tirer sur les toiles séparatrices. À peine entrée dans l’adolescence, cette élève de 1ère secondaire avoue s’être ennuyée du noyau familial dès la rentrée, en septembre dernier. «Au départ, ç’a été un peu plus difficile, avoue-t-elle. Mais, au fil du temps, je me suis fait des amies et je me suis impliquée dans la vie à l’école. Ça passe pas mal plus vite de cette façon et on ne s’ennuie pas trop la semaine.»

Janie a fait son entrée au Collège François-Delaplace en pleine pandémie. Elle n’a donc pas connu toutes les autres activités habituellement réservées aux élèves, comme les sorties avec les élèves d’autres écoles privées ou encore les danses. «C’est sûr que j’ai hâte de vivre ça, mais, pour le moment, ce que je vis ici, c’est ma normalité et je l’aime bien.»

Puisque la résidence est considérée comme un lieu à l’intérieur même de l’école, les pensionnaires doivent donc porter leur masque lorsqu’elles fréquentent les lieux communs de l’établissement, tout comme les jeunes de toutes les écoles secondaires de la province. «Au dortoir, je dois le mettre, car on est pratiquement toutes collées. Ce n’est que lorsque je suis dans ma chambrette que je peux l’enlever.»

Un accès privilégié aux profs

Avec des périodes d’études obligatoires le matin ainsi qu’en soirée, les élèves du Collège François-Delaplace ont pratiquement toujours accès à leurs professeurs. «On peut aller les voir. Tu sais que tu peux toujours demander de l’aide. Ils seront toujours là pour t’aider», souligne Léa Richard.

Les devoirs étant tous terminés durant la semaine, lors du retour à la maison les week-ends, place donc à des moments privilégiés en famille.

En grande partie, la discipline est assurée par la coordonnatrice de la résidence, Alexandra Faucher. «Aux yeux des élèves, je suis comme une grande sœur, rigole-t-elle. En plus de tout ça, je m’occupe de la planification des activités, bref, tout ce qui touche le parascolaire.»

Parlant du parascolaire, le Collège François-Delaplace est aussi réputé pour son programme de volleyball, dont Janie fait partie. «Je n’ai pas encore eu l’occasion de participer à un vrai tournoi. On était supposé en avoir un l’automne dernier, mais il a été annulé lorsqu’on est tombé en zone rouge. J’ai vraiment hâte de pouvoir vivre cette expérience, car ce n’est vraiment pas pareil que de se pratiquer ou de faire de matchs intraéquipes.»

Le «pensionnat», un terme démodé

Dans son offre de services, le Collège François-Delaplace ne parle plus de pensionnat, un terme démodé aux yeux de sa directrice générale, Louise Larouche, mais plutôt d’une résidence secondaire. «En fait, il s’agit de leur deuxième maison», image celle qui est aux commandes de l’école.

En temps de pandémie, les résidences offrent un lien direct et sans coupure avec l’école, explique Mme Larouche. «C’est un puissant outil de motivation ces temps-ci. Si on enlève le contexte dans lequel on vit, je pense que le fait de vivre dans un tel environnement scolaire favorise le développement de compétences comme l’autonomie et la socialisation, qui leur seront très utiles dans leur parcours plus tard, en tant que jeunes adultes.»

Pour l’année scolaire 2020-2021, le Collège François-Delaplace accueille 70 pensionnaires et 22 élèves externes. Le nombre total d’inscriptions ira en croissance au cours des prochaines années, prédit sa directrice.

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