Avertisseurs de fumée: des citoyens plus responsables ou une année d’exception?

Pierre-Olivier Girard
Avertisseurs de fumée: des citoyens plus responsables ou une année d’exception?
À la lumière des plus récentes statistiques, les citoyens de la région semblent plus conscients de l'importance de s'assurer du fonctionnement de leurs avertisseurs de fumée. (Photo : Le Progrès de Coaticook – Archives)

BILAN. L’année 2020 n’aura pas apporté que de mauvaises nouvelles dans la MRC de Coaticook, où les services incendie ont constaté une diminution importante des logements où les avertisseurs de fumée présentaient des anomalies, susceptibles de mettre en danger la vie des occupants.

Des 1444 portes qui ont été ciblées, seulement 5% d’entre elles comportaient des problématiques en lien avec leurs avertisseurs de fumée. Par les années passées, ce nombre se chiffrait davantage autour de 10% à 12%.

Tout en se réjouissant de ce résultat, le coordonnateur de la sécurité incendie à la MRC de Coaticook, Jonathan Garceau, émet une précision qui pourrait expliquer cette baisse notable. «En raison de la pandémie, nous avons dû remplacer les visites à domicile par des formulaires, que les citoyens devaient remplir de bonne foi. Est-ce que le résultat aurait été différent si nos pompiers avaient fait les vérifications eux-mêmes sur place? Impossible de le savoir, mais je préfère croire que le message entourant l’importance des avertisseurs de fumée commence enfin à être compris», soutient M. Garceau.

Ce dernier reconnaît qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour obtenir de tels résultats au sujet des détecteurs de monoxyde de carbone, qui demeurent méconnus chez bien des propriétaires. «Pour 2020, le taux d’anomalies pour ces appareils se situe à 11%, chiffre-t-il. Pourtant, le monoxyde de carbone est un gaz tellement dangereux. Il ne sent rien et on ne le voit pas. Il y a encore beaucoup d’éducation à faire à ce sujet.»

Toute résidence équipée d’un appareil de chauffage à combustion (propane, gaz naturel, huile et granules) doit avoir un détecteur de monoxyde fonctionnel. «Même une chaudière servant à entreposer des cendres peut émettre du monoxyde», rappelle M. Garceau.

Éviter les fausses alarmes

Un autre moyen de prévenir des drames est d’équiper sa résidence d’un système d’alarme relié à une centrale. En 2020, une famille de Saint-Edwidge-de-Clifton aurait pu tout perdre après avoir quitté sa propriété en laissant un chaudron allumé sur le feu. «Grâce au système d’alarme, les pompiers sont arrivés juste à temps. Il n’y avait pas encore de flammes, mais la maison était remplie de fumée, qui était même visible de l’extérieur. Sans système, ça aurait pu vraiment mal se terminer», est d’avis le coordonnateur.

Il précise que l’installation et l’entretien d’un tel système doivent se faire par des professionnels pour éviter de fausses alarmes et, conséquemment, des déplacements inutiles pour les pompiers. «Il n’y a pas de pompiers à temps plein dans la région, alors quand il y a un appel, les pompiers doivent quitter leur travail, avec les conséquences que cela entraîne pour leur employeur. Et c’est sans compter les coûts importants reliés au déplacement, d’un seul coup, de 20 pompiers et trois véhicules», ajoute Jonathan Garceau.

Dans certaines municipalités, un propriétaire est passible d’une amende si les pompiers se déplacent plus de trois fois par année pour une fausse alarme.

Pas de décès depuis plus de 10 ans

Autre point positif de ce bilan est le fait qu’on ne dénombre aucune perte de vie causée par un incendie. Pour l’élu responsable des dossiers de Sécurité incendie et maire de Saint-Malo, Benoît Roy, le travail de prévention est au cœur de ce succès. «Il n’y a pas eu de perte de vie depuis plus de dix ans dans toute la MRC, alors c’est très bon. La prévention, à mon avis, c’est vraiment le secret et le bilan le prouve: nos préventionnistes font du très bon travail», souligne M. Roy.

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