En pleine pandémie, Megan Brodeur trône au sommet du Championnat Amsoil

Par Vincent Cliche
En pleine pandémie, Megan Brodeur trône au sommet du Championnat Amsoil
À moins d'une dégringolade pour le moins improbable, Megan Brodeur mettra la main sur un autre titre du Championnat Amsoil. (Photo : gracieuseté)

SNOCROSS. Ce n’est pas la pandémie mondiale qui arrêtera Megan Brodeur de prouver qu’elle figure parmi les meilleurs pilotes de snocross du continent. Malgré toutes les contraintes, le Championnat Amsoil, qu’elle a déjà remporté à quelques reprises, a bel et bien lieu cet hiver de l’autre côté de la frontière. Survol d’une saison différente, mais surtout difficile au niveau psychologique pour cette athlète de Coaticook.

«Disons que ç’a été un hiver assez particulier», résume Megan Brodeur en parlant de son calendrier de compétitions 2021. Contrairement à l’an dernier où les activités avaient été amputées en mars, toutes les épreuves du Championnat Amsoil de snocross ont été présentées jusqu’à maintenant. Pour les deux premières étapes du circuit, qui ont eu lieu à Elk River, au Minnesota, et à Dubuque, en Iowa, la pilote a décidé d’effectuer des allers-retours entre les sites et son domicile. «En tant qu’athlète professionnelle, j’ai des restrictions différentes de celles qu’on impose aux voyageurs, explique Megan. Je n’ai pas de quarantaine à faire, mais je dois me plier à plusieurs tests de dépistage de la COVID à mon retour.»

Cela étant dit, de la fin janvier à la fin février, elle a pris la décision de demeurer aux États-Unis afin d’éviter tous ces déplacements et leurs différentes contraintes. «Ç’a été très difficile mentalement, raconte-t-elle. Je n’ai pas vraiment aimé l’expérience d’être là-bas aussi longtemps, loin de ma famille et de ma piste de pratique. Ç’a l’air bizarre dit comme ça, mais on a tous nos rituels, et là, c’est comme si on me les avait enlevés, surtout au niveau de l’entraînement.»

«Tout a été chamboulé, rajoute-t-elle. Ça fait plusieurs années que je compétitionne aux États-Unis, alors j’aurais pensé mieux m’habituer, mais ça n’a pas été le cas. L’adaptation a été difficile. J’ai dû voyager entre les sites souvent. J’ai aussi mangé beaucoup dans les restaurants puisque je n’avais pas de maison. Ç’a été  »challengeant » sur plusieurs points. Je dirais même que ç’a été l’année la plus difficile que j’ai vécue en tant qu’athlète.»

Malgré ces changements, Megan se retrouve constamment sur le podium des différentes compétitions. Elle a terminé première à six reprises et deuxième à cinq reprises. «Je n’ai pas réussi à me classer parmi les trois premières qu’une seule fois. J’ai effectué une chute [lors de l’épreuve de Dubuque, en Iowa]. Ça m’a remis loin derrière le peloton et je n’ai pas été capable de remonter la pente.»

Il ne reste que deux événements au calendrier, soit ceux d’Eagle River, au Wisconsin (19-20 mars) et de Sioux Falls, au Dakota du Sud (26 au 28 mars). «Je veux continuer sur ma belle lancée et terminer la saison en force», mentionne fièrement celle qui est présentement première au classement.

Des foules aux événements

Contrairement à la réalité du Québec, dans plusieurs États américains, les événements sont de retour… et les foules le sont aussi. «Si on parle seulement des courses, ça n’a pas tant changé comparativement aux années dernières. Les événements ont toujours lieu et, dépendamment des États, les foules sont aussi présentes. Ils sont peut-être moins nombreux qu’avant, mais il y a quand même du monde pour nous encourager. Je dirais que la seule chose qui a changé, c’est le fait qu’on a fait un site à deux reprises puisqu’on ne pouvait pas aller à l’un des arrêts habituels du championnat.

Mis à part le retour de certaines foules, les règles sont relativement les mêmes du côté du pays de l’Oncle Sam. «À l’intérieur de la plupart des bâtiments et commerces, le port du masque est obligatoire et on pratique la distanciation sociale. Les restaurants sont aussi ouverts depuis un certain temps et, comme ici à la réouverture, les tables sont distancées et on prend notre nom à l’entrée. C’est sûr qu’il y aura toujours des gens qui ne voudront pas respecter les règles, mais c’est comme ça ici aussi.»

Un souhait pour la reprise des événements au Québec

Bien évidemment, cela prendrait un miracle pour qu’on présente des courses d’une telle ampleur au Québec cette saison. «Si tout continue de bien aller, j’aimerais bien que ça reprenne ici l’an prochain, souhaite Megan. Ça m’a vraiment manqué de faire des courses au Québec. Le Grand Prix de Valcourt, c’est un événement que j’affectionne particulièrement. Avoir mes amis et ma famille derrière moi dans les gradins, ça m’a aussi manqué.»

En décembre 2019, la famille Brodeur avait également créé le Coaticook Snow Show, événement qui a été couronné de succès. «Malheureusement, on n’a pas pu le présenter cette année, mais ce n’est que partie remise. Ç’a été une belle occasion de faire connaître le sport que je pratique aux gens de ma ville.»

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