Internet haute vitesse, un outil indispensable pour des travailleurs agricoles de Coaticook

Par Vincent Cliche
Internet haute vitesse, un outil indispensable pour des travailleurs agricoles de Coaticook
Le président de l'Union des producteurs agricoles de Coaticook, Philipp Stirnimann, espère que le gouvernement du Québec respectera son échéancier de brancher tout le Québec à internet haute vitesse d'ici les 18 prochains mois. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

TECHNOLOGIE. L’accès à internet haute vitesse est primordial pour les petites communautés rurales, avance le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Coaticook, Philip Stirnimann. La récente sortie du député d’Orford et adjoint parlementaire du premier ministre au volet internet haute vitesse, Gilles Bélanger, qui promet de brancher tout le Québec d’ici 18 mois a de quoi ravir les citoyens de ces zones où la technologie est quelque peu déficiente.

«C’est une bonne nouvelle, dit d’entrée de jeu M. Stirnimann. Il faut maintenant leur laisser le temps. Le gouvernement semble être en mode action et il veut que ça bouge. Son engagement est solide. Il ne nous reste qu’à se croiser les doigts pour qu’ils livrent la marchandise.»

Internet haute vitesse est un atout pratiquement devenu indispensable pour les producteurs agricoles. «Chez nous, on a tous des robots pour nous aider dans la gestion quotidienne de nos activités à la ferme, explique Philipp Stirnimann. Lorsqu’ils ont un problème technique, on doit les réparer. Souvent, ça se fait à distance. Les techniciens peuvent se brancher de leur résidence, qui se retrouve parfois à plus d’une heure d’ici. Ça prend donc une bonne connexion pour régler le problème. Et ça prend souvent que quelques minutes.»

Autre scénario de la vie quotidienne d’un agriculteur: la visite du vétérinaire pour vérifier la santé du cheptel. «S’il veut te transmettre toutes ces données, ça prend encore là une bonne connexion pour que tu les reçoives. Si tu n’en a pas, ça implique un retour à la vieille méthode de les écrire à la main. Et personne ne veut faire ça.»

Un manque technologique peut aussi se faire sentir sur le plan social. «L’an dernier, nous avions un travailleur étranger de 19 ans sur la ferme qui venait du Guatemala. On a eu une panne de services pendant quelques semaines et il ne pouvait plus communiquer avec sa famille. Quand il a vu ça, il a voulu s’en aller. À la fin, ça peut jouer sur la capacité d’attirer de la main-d’œuvre.»

«C’est la même chose avec les jeunes qui doivent étudier à la maison. L’accès à internet haute vitesse est absolument nécessaire», rappelle M. Stirnimann.

Des zones ciblées

Bien que certaines petites municipalités de la MRC de Coaticook soient bien desservies par ce service, d’autres ont un peu moins de chance, comme Sainte-Edwidge-de-Clifton et East Hereford. D’ailleurs, à certains endroits, non seulement les transmissions de données internet sont difficiles, mais le réseau cellulaire y est aussi déficient.

«Il y a certainement des zones plus problématiques que d’autres dans notre région, concède le président de l’UPA de Coaticook. Je pense au système adopté, celui de micro-ondes, qui marche avec des antennes. Il y a souvent de l’interférence en raison des nouvelles technologies, et ça amène des coupures de services. On en a vécu une récemment qui a duré deux mois. Deux mois sans internet, c’est long longtemps.»

Et lorsque le tout est rétabli, c’est souvent la vitesse qui n’est pas au rendez-vous. «Par exemple, les vendredis soirs, quand tout le monde est à la maison, ça flanche. Les vitesses sont très lentes et ça oscille entre 1 Mb et 5 Mb la seconde. Disons que tu ne peux pas faire grand-chose en ligne avec ce genre de vitesse de téléchargement.»

Selon M. Stirnimann, il y a aussi le prix qui serait à revoir. «Présentement, je paie 350 $ pour mon accès à internet. C’est vraiment très dispendieux pour le service qu’on a», reconnaît-il.

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