La Régie des déchets de Coaticook pourrait perdre son plus gros client

Par Dany Jacques
La Régie des déchets de Coaticook pourrait perdre son plus gros client
Le retrait possible de la Ville de Magog de la Régie intermunicipale de gestion des déchets solides de la région de Coaticook pourrait avoir un grand impact sur l'avenir du site d'enfouissement. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

DÉCHETS. Membre le plus important de la Régie intermunicipale de gestion des déchets solides (RIGDS) de la région de Coaticook, la Ville de Magog souhaite se retirer à la fin de son contrat l’an prochain. La décision, accueillie amèrement par le maire de Coaticook, Simon Madore, pourrait même mettre en péril la survie de l’organisme.

«Je suis très déçu et très amer, peste le premier magistrat. On leur a offert des tarifs préférentiels pendant cinq ans, mais Magog remet tout à coup tout en question, même si elle a économisé un million de dollars sur cette même période. Ça compromet réellement l’avenir de notre lieu d’enfouissement. L’impact financier sur nos petits villages sera énorme.»

Dans les faits, Magog finance l’organisme à la hauteur de 50 % en y envoyant la moitié des matières résiduelles reçues au site du chemin Bilodeau. Elle partage la facture avec Coaticook et 18 autres municipalités des MRC de Coaticook et de Memphrémagog.

Président de la RIGDS, Denis Ferland déplore «l’état de siège» imposé par la Ville de Magog. Selon lui, le retrait de cette municipalité annule les emprunts nécessaires de 5,7 millions de dollars pour la mise aux normes de l’usine de traitement des eaux de lixiviation et de 1,2 million de dollars pour la continuation du lieu d’enfouissement.

«Sans ce financement, la Régie devra trouver d’autres solutions pour continuer sa mission d’enfouissement et répondre aux exigences d’Environnement Canada», insiste celui qui est également maire de Hatley.

Au moment d’écrire ces lignes, les pourparlers progresseraient bien pour trouver une solution entre les deux parties.

La mairesse Hamm s’explique

En entrevue, la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, précise que la décision prise par la Municipalité lors de son assemblée publique du 15 février dernier n’est pas un «non définitif». «On va se rasseoir ensemble pour discuter, mentionne-t-elle, sans toutefois vouloir négocier sur la place publique. Il est néanmoins vrai de dire qu’il est minuit moins une, car on devra diriger nos déchets ailleurs si on les éloigne de Coaticook.»

Mme Hamm assure que la Ville est consciente des enjeux liés à un possible transfert des poubelles vers des lieux d’enfouissement situés deux fois plus loin, comme à Cowansville, ou encore même trois fois plus loin, du côté de Drummondville. Les tarifs peuvent être moins chers, mais ce choix s’accompagne de conséquences plus négatives sur les coûts de transport et l’impact sur les gaz à effet de serre émis par des camions se déplaçant plus longtemps sur les routes.

Montants payés par Magog à la Régie de déchets de Coaticook (déchets et compostage)

2017: 679 200 $

2018: 687 500 $

2019: 713 100 $

2020: 767 400 $

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