Coaticook: l’épicier Dominic Arsenault est notre «Personnalité de l’année»

Par Vincent Cliche
Coaticook: l’épicier Dominic Arsenault est notre «Personnalité de l’année»
Le propriétaire du supermarché IGA de Coaticook , Dominic Arsenault, est notre «Personnalité de l'année». «J'aimerais remercier la collaboration et la patience de notre clientèle ainsi que le dévouement de tous les employés qui ont démontré une grande persévérance. Je suis très fier de ma région.» (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

COATICOOK. S’il y a quelqu’un qui a tenu le fort durant cette rocambolesque année 2020, c’est bien le propriétaire du supermarché IGA de Coaticook, Dominic Arsenault. Durant la pandémie, il a vu à ce que rien ne manque sur les tablettes, il a protégé ses employés et ses clients et a su maintenir et développer de nouvelles implications sociales au sein de la communauté. Ce même combat se poursuivra fort probablement au cours des premiers mois de 2021. Voilà pourquoi l’équipe du Progrès de Coaticook lui décerne le titre de «Personnalité de l’année».

«2020 a été une année remplie de défis, résume Dominic Arsenault. Disons que dans une épicerie, on ne manque jamais d’ouvrage. Et ç’a été encore plus vrai cette année. C’est toutefois dans notre nature de s’ajuster rapidement et c’est ce que nous avons fait.»

Au début du printemps, lorsque la pandémie a éclaté, le propriétaire du supermarché IGA de Coaticook avoue avoir vécu le chaos le plus total. «Personne ne savait trop où on s’en allait. L’équipe a passé aussi beaucoup de temps à sécuriser et à rassurer les clients, surtout en matière d’approvisionnement. S’assurer qu’il ne manquerait de rien sur les tablettes, c’était ma « job ». Ces enjeux-là, c’était à moi de m’en occuper.»

«Dans les premières semaines, c’était vraiment fou. Le coût du panier moyen a explosé, mais le nombre de transactions a diminué drastiquement. Les gens ont voulu faire des réserves. Avec la fermeture des restaurants, d’autres ont appris de nouveau à cuisiner. Depuis l’automne, on est cependant revenu à une certaine normalité dans nos ventes.»

Au début de la pandémie, M. Arsenault a également lancé un appel à tous via les réseaux sociaux. «Il y avait beaucoup de gens qui avaient perdu leur emploi temporairement. À l’épicerie, on avait besoin de renfort. Plusieurs travailleurs ont préféré venir nous donner un coup de main plutôt que de rester à la maison et profiter de la PCU [Prestation canadienne d’urgence]. Je ne pourrai jamais assez les remercier. C’était très encourageant de voir ça. C’est venu insuffler une belle énergie à toute notre équipe déjà en place», croit-il.

Malgré les temps difficiles, le propriétaire du IGA a conservé son statut de bon citoyen corporatif en offrant tout près de 60 000 $ en commandites à plusieurs organismes du territoire, dont le Centre d’action bénévole de la MRC de Coaticook, qui a été le principal bénéficiaire. «Je pense qu’il était de notre devoir de poursuivre notre aide aux différents organismes, encore plus en période d’incertitude. Personne n’est à l’abri et on l’a vu depuis l’an dernier, les demandes ont explosé au CAB.»

L’épicier a également tendu la main à un autre partenaire d’affaires durant les premiers mois de la pandémie. Dominic Arsenault s’est trouvé un allié avec le concessionnaire Ford, qui lui a prêté main-forte avec plusieurs de ses véhicules pour assurer la livraison des commandes en ligne et téléphoniques. «En janvier dernier, on pouvait commander environ 40 épiceries chaque semaine. En l’espace de deux semaines, ce nombre a grimpé à 600. Ç’a été un véritable tsunami. On pouvait bien engager des gens, mais il fallait aussi trouver le moyen de distribuer tout ça. Heureusement, Ford nous a aidés et on a pu livrer l’épicerie à des clientèles plus âgées.»

La sécurité avant tout

Lorsque l’entrevue a été réalisée à la fin novembre, le propriétaire du IGA de Coaticook pouvait se compter chanceux. Aucun cas de COVID-19 n’avait été détecté dans son commerce. «Jusqu’à présent, on s’en sort très bien. Dès le début, nous avons installé des plexiglas aux caisses. Nous avons aussi installé des éviers pour que les gens se lavent les mains à l’entrée. On maintient aussi le nettoyage de toutes nos surfaces aux quatre heures. La nature de l’être humain est peut-être de baisser la garde en ces situations, puisqu’on commence à s’y habituer d’une certaine façon. On ne doit certainement pas baisser la garde et c’est pour ça qu’on conserve toutes ces mesures. Même chose pour nos employés. Ils répondent toujours au questionnaire autodiagnostic. Je suis le premier à trouver ça plate répéter toutes ces mesures, mais c’est comme ça qu’on viendra à bout du virus.»

Sur une note un peu plus personnelle

L’homme derrière l’épicier n’a pas peur de le dire. «Au niveau humain, ç’a été extrêmement difficile», lance-t-il.

Père de trois adolescents, Alexandra, 18 ans, Sandrine, 16 ans, et Samuel, 14 ans, Dominic Arsenault avoue que ce rôle n’a pas été de tout repos. «Je travaille dans le domaine de l’alimentation et ma femme est inhalothérapeute. On se devait de donner l’exemple à nos enfants. Je sais que plusieurs de leurs amis ont organisé des partys cet été et qu’ils m’ont probablement trouvé pas trop fin en leur interdisant de s’y pointer. Je pense que ce sont des petits sacrifices personnels comme ça qui feront en sorte que nous nous en sortirons tous collectivement.»

Ce passionné de plein air n’a pris que quelques jours de vacances cet été pour aller à la pêche, l’un de ses passe-temps préférés. «J’avais même prévu aller dans l’Ouest canadien cet hiver pour y faire du ski, mais vu la situation, je n’irai certainement pas. Même cet été, je me sentais quelque peu coupable de prendre un peu de repos, alors que ma gang travaillait.»

Pleins feux sur 2021

Maintenant que le monde a tourné la page sur l’année 2020, Dominic Arsenault pose un regard optimiste sur 2021. «Je souhaite que la vaccination aille bon train et que, rendus à l’été, nous revenions à un semblant de normalité.»

Côté affaires, les mesures de distanciation, le port du masque et le lavage des mains à l’entrée du commerce seront des mesures qui sont là pour rester, du moins pour une bonne partie de l’année, croit l’homme d’affaires. «Je dirais aussi qu’on a pris 10 ans d’avance sur ce qui s’en venait en matière de technologie. Les commandes en ligne et les caisses libre-service sont déjà arrivées. Et on n’a pas installé ça pour couper des emplois. On est en pleine pénurie de main-d’œuvre, alors il faut agir. Ce que les gens veulent, ce sont des conseils lorsque vient le temps de choisir les produits et non plus une expérience client à la caisse. Il faut s’adapter.»

La fermeture les dimanches, une bonne chose?

Durant les premières semaines de la pandémie, le gouvernement a annoncé que les supermarchés devaient fermer leurs portes les dimanches, afin d’offrir un «repos» aux travailleurs de l’alimentation. L’idée a-t-elle été appréciée de la part du propriétaire du IGA de Coaticook, Dominic Arsenault? «Je n’ai aucunement compris la logique du gouvernement, lance-t-til. L’argumentaire que les travailleurs avaient besoin de repos ne tenait pas la route. À part peut-être les premières semaines, ici, à Coaticook, je n’ai jamais fait travailler quelqu’un plus de 40 heures par semaine, mis à part peut-être certains gérants. En plus, en temps de pandémie, tu enlevais une journée d’emplettes pour concentrer cette clientèle sur les autres journées. Ça ne faisait aucun sens. Je ne pense pas qu’ils ont consulté les gens de l’alimentation pour adopter cette mesure.» Et même après la pandémie, M. Arsenault ne souhaite pas un retour au «bon vieux temps», où les commerces étaient fermés les dimanches.

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