Cancer du testicule: Benjamin Boivin sans tabou face à la maladie

Par Vincent Cliche
Cancer du testicule: Benjamin Boivin sans tabou face à la maladie
Benjamin Boivin participe cette année au «Movember» puisqu'on lui a diagnostiqué un cancer du testicule en février dernier. Ses amis l'ont suivi dans ce mouvement de solidarité, ce qui lui a fait chaud au cœur. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

COATICOOK. Il y a toutes sortes de raisons pour participer au «Movember», le fameux mouvement où, en novembre, on se laisse pousser la moustache en soutien à la santé masculine. Celle de Benjamin Boivin frappe toutefois en plein cœur. Atteint d’un cancer du testicule, le jeune homme de 22 ans souhaite mettre de l’avant la maladie pour que celle-ci ne soit plus aussi taboue.

S’il a décidé de parler publiquement de sa situation, c’est à la suite de la conversation qu’il a eue avec son médecin. «Je suis suivi depuis quelques mois et mon spécialiste me racontait qu’il n’y avait pas beaucoup de recherches associées à ce type de cancer. Il disait que la solution facile, dans bien des cas, c’était d’enlever le testicule, pour ensuite enlever la masse cancéreuse. Il n’y a pratiquement aucune donnée pour la suite des choses. «Aussi petite soit mon implication dans ce combat, je souhaite faire bouger les choses et c’est pour ça que je me suis impliqué dans le « Movember » et que j’ai osé raconter mon histoire publiquement, rajoute-t-il. Tout ce qui touche à la santé masculine, ça reste tabou. J’aimerais qu’un jour, ça ne le soit plus et qu’on puisse en parler sans gêne.»

Diagnostic tombé en février

Au début de l’année, Benjamin remarque quelque chose d’anormal au niveau de ses parties intimes. «Ça pouvait paraître un peu drôle au début, mais j’avais un testicule plus enflé que l’autre, explique-t-il sans hésitation et d’un ton décidé. Je n’ai pas pris de chance et je suis allé consulter. À l’urgence, on m’a dit que j’avais probablement reçu un coup et que c’était pour cette raison que c’était enflé. On m’a dit de revenir deux semaines plus tard si rien n’avait changé.»

Ce qu’il a fait puisque la situation est demeurée la même. «J’ai même vu l’apparition d’un kyste sur ma cuisse. On m’a alors donné un médicament pour le traiter à ma deuxième visite à l’urgence. Ce n’est qu’à ma troisième visite qu’on m’a envoyé faire une échographie au CHUS puisque j’avais également développé une masse au niveau des pectoraux.»

C’est en février dernier que le diagnostic est tombé. Le mot qui débute par «c» dont personne ne veut entendre de la bouche d’un médecin. «Ça frappe, dit-il. Je ne savais tellement pas à quoi m’attendre ni à quels traitements j’allais faire face. Ç’a aussi été difficile de l’annoncer à ma famille et à mes amis.»

Heureusement, le cancer a été identifié à temps. Une opération a cependant été nécessaire afin de lui enlever le testicule sur lequel se retrouvait la masse cancéreuse. Le jeune agriculteur est présentement en rémission et n’aura pas à subir de traitements de chimiothérapie. La maladie n’aura pas de conséquences négatives non plus sur ses capacités reproductives.

Un message

S’il avait un message à lancer aux jeunes hommes, c’est bien celui de ne pas avoir peur de consulter en cas de doute. «Le meilleur test demeure celui de palper cette région, un peu comme les femmes le font pour savoir s’il y a des masses sur leurs seins. Seulement au toucher, tu sauras s’il y a de quoi. C’est assez distinctif, surtout lorsque c’est visuel, comme dans mon cas. Il est important de consulter et de ne pas attendre. On sait tous que nous, les hommes, on se dit souvent que ce n’est pas trop grave, que ça va passer. Mais, parfois, vaut mieux ne pas prendre de chance.»

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