Le Grand Henri, un magicien aux dons uniques

Par Dany Jacques
Le Grand Henri, un magicien aux dons uniques
Nicole, Claude et Monique Brousseau simulent le désormais célèbre numéro de la guillotine, en compagnie de la «victime» Ronald Dion. Un quatrième enfant, Pierre, était absent lors de la photo. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Dany Jacques)

ÉVÉNEMENT. L’œuvre du Grand Henri sera bientôt honorée par trois de ses enfants sur scène à Coaticook, et ce, 25 ans après le décès de ce magicien fort populaire dans les années 1960 et 1970.

Les Magogois Claude, Nicole et Monique Brousseau présenteront intégralement un des numéros-clés de leur père né à Coaticook en 1921. Il s’agit de la guillotine où un spectateur coincé dans cette pièce d’équipement frôle la mort avec une lame tranchante qui lui tombe sur la tête.

«Mon père a présenté ce numéro des milliers de fois dès les années 1950», explique son fils Claude. Il terminait son spectacle avec cette présentation.»

Les enfants d’Henri Brousseau sont très fiers de rendre hommage à leur paternel, un homme considéré comme le premier magicien québécois à vivre exclusivement de son art.

Il est décédé après trois accidents vasculaires cérébraux (AVC) en dix ans en 1995, à l’âge de 73 ans, mais beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis son premier spectacle donné à 13 ans à la maison familiale de la rue Merrill, à Coaticook.

Un personnage plus grand que nature

Le Grand Henri

Aux dires de la famille, le Grand Henri était un personnage unique. Il concevait lui-même ses numéros et fabriquait ses pièces d’équipement, comme la guillotine qui sera en vedette à Coaticook. Il a foulé des milliers de scènes aux quatre coins de la province et a fait des apparitions à la télévision.

Il aussi été candidat du Crédit social lors des élections de 1965 dans le comté de Stanstead, mais il s’est avoué vaincu par une faible marge. Le politique l’intéresse vivement, mais les politiciens s’intéressent également beaucoup à lui pour sa clairvoyance. Ses enfants se souviennent d’avoir vu des premiers ministres et des ministres à la maison pour demander conseil à leur père.

Des dons de clairvoyance

«Il a réclamé le statut officiel de clairvoyant au gouvernement fédéral, comme cela se faisait ailleurs sur la planète à cette époque, mais Ottawa a refusé, se souvient Claude. Cela n’a pas empêché des politiciens à demander l’avis de mon père si telle ou telle loi est adoptée.»

Ses prédictions annuelles sont régulièrement publiées dans les médias québécois. La plus percutante est celle prévoyant la fin tragique du ministre Pierre Laporte, 18 mois avant son assassinat en 1970. «Les gens descendront dans la rue et fustigeront la magistrature. Cette crise politique d’octobre entraînera la mort d’un leader politique libéral bien connue, qui a déjà milité au fédéral», écrivait-il.

«Ça nous avait causé des soucis, car la GRC avait débarqué à la maison pour enquêter. Notre ligne téléphonique a été longtemps sous écoute. On pensait que notre père était associé au FLQ», se rappelle Claude Brousseau.

Une exposition au printemps 2020

Une exposition consacrée à l’œuvre et à la vie d’Henri Brousseau sera présentée le printemps prochain au Musée Beaulne de Coaticook. On y présentera des pièces d’équipement, en plus d’y résumer sa vie et ses numéros sur scène.

Tout le matériel est déjà emballé dans le sous-sol de son fils Claude, prêt à être mis en valeur au Musée Beaulne.

Le magicien Claude et ses assistantes Nicole et Monique présenteront le numéro de la guillotine lors de la soirée gala du Festival de la magie, le 14 septembre prochain à Coaticook (19 h 30).

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