Le bassiste Luc St-Pierre refuse d’abandonner malgré la maladie

Par Vincent Cliche
Le bassiste Luc St-Pierre refuse d’abandonner malgré la maladie
Même si sa maladie pourrait un jour lui être fatale, Luc St-Pierre refuse de se laisser abattre, notamment en jouant de la musique. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

COATICOOK. Sur une scène, en train de gratter sa basse et de livrer une performance du tonnerre, personne ne pourrait se douter que Luc St-Pierre livre un combat contre la fibrose retropéritonéale, une maladie rare. C’est d’ailleurs par la musique qu’il réussit à conserver une attitude positive malgré les obstacles.

Personnalité bien connue du milieu artistique coaticookois, M. St-Pierre fait partie du groupe «Six Sens» avec les guitaristes André Gosselin et Bruno Favreau, le percussionniste Jacques Gosselin et les chanteurs Dakoda Drouin et Stéphanie Houle. Et c’est sans compter les 15 années passées avec la formation «13e Avenue», qu’on a pu entendre dans plusieurs événements musicaux au centre-ville de Coaticook.

«Quelqu’un me verrait jouer et n’aurait aucune idée de la maladie qui m’afflige, lance le principal intéressé. Disons que ce n’est pas écrit dans mon visage. En plus, je fais de quoi que j’aime, alors j’ai le sourire accroché au visage.»

«Sans l’ombre d’un doute, la musique m’aide à passer à travers pas mal tout.»

Maladie orpheline, crise cardiaque et cancer

Au cours des 12 dernières années, la vie n’a pas été très tendre avec Luc St-Pierre. Après avoir été victime d’un arrêt cardiaque et vaincu un cancer qui lui a coûté une partie de son côlon, l’homme de 64 ans a dû jongler avec la progression de sa fibrose, aussi connue sous le nom de syndrome d’Ormond. «Si j’avais à décrire cette maladie, je dirais que c’est un peu comme une toile d’araignée qui s’agrippe à nos organes et les compresse. Elle est un peu partout en moi.»

Petite éclaircie, cependant. Il y a environ un an, un médecin lui a offert un essai clinique. «Ç’a permis de me débloquer au niveau des jambes. Avant ça, je prenais 50 mg de fentanyl chaque deux jours pour soulager la douleur. Ma dose est aujourd’hui à 6 mg. Pour moi, c’est un très gros changement. Et c’est pour le mieux.»

Ces derniers temps, la maladie a malheureusement progressé vers son tube digestif. «La toile s’agrandit malheureusement, image-t-il. Il faut dire qu’il n’y a présentement aucune recherche pour cette maladie, alors les chances qu’on trouve un remède sont très minces. Je ne veux pas me laisser abattre par ça et c’est pour cette raison que je poursuis mes activités musicales.»

Un lien privilégié avec la musique

Le Coaticookois a toujours eu un lien privilégié avec la musique. «J’ai ça dans le sang, faut croire», rigole-t-il.

En effet, son père Germain St-Pierre a fait partie de l’Harmonie de Coaticook en compagnie de ses quatre frères. «Il nous jouait du piano chaque soir pour nous endormir», se souvient-il.

Même s’il a appris le piano étant jeune, c’est vers la basse qu’il s’est tourné lorsqu’est venu le temps de choisir son instrument de prédilection. «Je voulais partir un petit groupe avec mon frère et ça nous prenait un bassiste. Comme personne ne voulait remplir ce rôle, je l’ai fait.»

De là est née la formation «Sunny Storm». Âgé de 17 ans, St-Pierre a parcouru le Québec avec ses collègues musiciens. «Il s’en est passé des choses avec cette formation, dit-il. Je me rappelle d’un concert qu’on devait jouer à Granby sur une scène extérieure. Lorsqu’est venu le temps de se brancher, on nous a apporté seulement deux extensions. Seul le guitariste a pu se brancher. C’était la catastrophe. Finalement, on n’a pas joué et on s’est retrouvé à la radio locale en fin de soirée en faisant des blagues sur cet incident.»

Il y a même des pourparlers en cours pour reformer le groupe.

«The Wizard»

@R:Chanson fétiche de l’artiste, «The Wizard», du groupe Uriah Heep, lui a permis de retrouver une ancienne flamme. «Ça va faire 20 ans l’année prochain qu’on est ensemble, explique-t-il fièrement. Cette chanson, on l’avait toujours en tête même lors des retrouvailles du secondaire, où on s’est revu de nouveau.»

Pour célébrer cette union, il souhaite voyager vers Hawaii. «Même si la maladie fait partie de ma vie, je vais continuer de faire les choses que j’aime. D’ailleurs, j’aimerais dire aux gens, peu importe leur condition ou leur rêve, de ne jamais abandonner. Dans la vie, on a un choix, soit de continuer de s’enfoncer dans le trou ou de continuer vers l’avant. Pour moi, ce choix est évident», raconte celui qui a aussi œuvré dans le domaine des concessionnaires automobiles.

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