Popote roulante à Coaticook: 50 repas livrés quotidiennement

Par Vincent Cliche
Popote roulante à Coaticook: 50 repas livrés quotidiennement
Pour 6 $, les bénéficiaires de la popote roulante reçoivent une soupe, un plat principal et un dessert, le tout livré à leur porte. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

ALIMENTATION. La popote roulante du Centre d’action bénévole de la MRC de Coaticook s’adresse bien plus qu’à une clientèle âgée. Parmi les bénéficiaires, on retrouve également de nouvelles mamans et de jeunes adultes en convalescence. Plein feu sur ce service qui livre une cinquantaine de repas quotidiennement.

Les responsables de ce volet de l’organisme coaticookois s’entendent pour dire qu’il y a un certain tabou l’entourant. «Les gens connaissent bien peu ce service et croient qu’il ne s’adresse pas à eux, alors qu’au contraire, la grande majorité d’entre eux pourrait en bénéficier», explique la coordonnatrice du maintien à domicile et des dépannages au CAB de la MRC de Coaticook, Isabelle Routhier.

Les critères sont simples, explique Angelo Eloundou, l’adjoint à la popote roulante. «Il faut d’abord être un résidant de la MRC de Coaticook. Les personnes de 50 ans et plus y ont droit, tout comme les gens malades, en convalescence ou vivant avec une déficience physique ou intellectuelle ainsi que les nouvelles mamans.»

«Par exemple, un jeune de 18 ans, qui vit en appartement, et qui s’est cassé un pied, pourrait avoir droit à ce service», avance Mme Routhier.

Au total, on livre environ une cinquantaine de repas par jour sur tout le territoire de la MRC de Coaticook. Une douzaine de bénévoles, qu’ils soient livreurs ou encore aide-cuisiniers, travaillent fort pour que les livraisons s’effectuent à temps pour le dîner. «Avec nos effectifs, il nous serait possible de livrer une centaine de repas, croit Isabelle Routhier. Si on venait qu’à dépasser ce chiffre, il nous faudrait de nouveaux bénévoles, mais ça serait un heureux problème.»

Repas sains et nutritifs

Oubliez les petits sandwichs pas de croûte! À la popote roulante, on livre des repas nutritifs et équilibrés, lesquels ont été approuvés par une nutritionniste du Centre de santé et de services sociaux de la MRC-de-Coaticook. Le menu est aussi rotatif aux huit semaines, ce qui fait qu’une personne ne mange jamais la même chose avant deux mois.

Chef à ce service depuis une dizaine d’années, Michel Moine voit la qualité des plats préparés évoluer au fil du temps. «Dès qu’on peut faire des changements, on le fait, dit-il avec enthousiasme. J’ai proposé quelques ajouts au menu, comme une lasagne aux légumes pour avoir une option végétarienne. Je veux offrir aussi des desserts un peu plus populaires, qui correspondent aux goûts de nos bénéficiaires.»

«Et pourquoi pas du boudin? Ça nous est demandé. On pourrait alors offrir un menu alternatif lors de cette journée pour ceux qui n’aiment pas ça», songe-t-il.

Grâce au programme de Moisson Estrie qui vise la réduction de gaspillage alimentaire, le Centre d’action bénévole de la MRC de Coaticook peut mettre la main sur des morceaux de viande intéressants. «Ces pièces qui ne sont pas vendues en magasin sont alors congelées et on les distribue aux organismes comme le nôtre. Avant, elles se retrouvaient aux poubelles. C’était du grand gaspillage. Heureusement, on les récupère et elles sont toujours bonnes.»

Service alimentaire … et vigie

En plus d’être un service alimentaire, la popote roulante se veut aussi une vigie. «Pour plusieurs, il s’agit du seul contact qu’ils auront durant leur semaine. Ça vient briser l’isolement», raconte M. Moine, qui participe parfois à la livraison des plats.

Le service peut même sauver des vies. «Un bénévole est allé porter un repas une fois et il a vu que le contenant de la veille n’avait pas été amassé [les bénéficiaires ont le choix d’accueillir les livreurs ou encore d’aller chercher leur repas à un endroit fixe]. Lors de l’inscription, on demande une personne ressource, alors nous l’avons contactée de même que les urgences. La personne en question avait été victime d’une crise de cœur. Peut-être serait-elle décédée si nous n’avions pas agi?», note Isabelle Routhier.

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