La prohibition décortiquée par deux passionnés d’histoire de Coaticook

Par Vincent Cliche
La prohibition décortiquée par deux passionnés d’histoire de Coaticook
La présidente de la Société d'histoire de Coaticook, Carmen Michaud, est ici entourée de Bernard Marcoux et Martial Martineau, qui ont parlé de la prohibition lors d'un déjeuner-conférence de l'organisme. (Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche)

HISTOIRE. La prohibition est une courte période du début du 20e siècle où l’alcool a complètement été interdit, tant sa vente que sa consommation. Deux passionnés d’histoire, Bernard Marcoux et Martial Martineau, se sont penchés sur ce phénomène qui se passait pratiquement dans notre cour.

«De par notre proximité avec les États-Unis [où l’alcool était interdit de 1920 à 1932], et du fait que c’était permis au Québec, disons que tout se passait ici, le long de la frontière», raconte M. Martineau.

«La frontière, de Stanstead à East Hereford, était trouée. C’était relativement facile d’y passer les bouteilles», explique pour sa part son collègue et ami.

Les façons de s’y prendre étaient aussi fort originales, comme l’ont expliqué les deux hommes lors d’un récent déjeuner-conférence de la Société d’histoire de Coaticook. «On faisait passer le matériel par la corde à linge au-dessus de la rivière, à East Hereford, imagent-ils. On utilisait aussi des animaux. Les officiers de douanes eux-mêmes venaient parfois prendre un coup ici et repartaient les valises pleines de bouteilles. À cette époque, être contrebandier, c’était presque aussi normal qu’être cordonnier.»

Le phénomène de la prohibition a également eu son lot de tragédies. «Il y a eu le meurtre du chef de police Johnny Boudreau qui a été assassiné le long de la frontière, avec deux de ses collègues, mentionne M. Marcoux. Il faisait souvent de la surveillance le long de la frontière et a été averti à plusieurs reprises de ne plus passer là. Il n’a pas pris ces avertissements aux sérieux et on l’a tué. Les médias américains parlaient simplement d’une noyade, alors qu’on l’a assassiné.»

La prohibition à East Hereford, c’était aussi l’affaire d’un dénommé St-Pierre. «Le territoire lui appartenait. C’était un homme des plus discrets, car, dans toutes nos recherches, on n’a pas trouvé sa photo.»

Aux dires des principaux intéressés, on ne ressent plus vraiment les effets de cette période de l’histoire, le phénomène entourant l’alcool étant maintenant chose du passé.

Notons qu’au Canada, la prohibition s’est étirée de 1920 à 1932, à l’exception du Québec.

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